La France libère des réserves stratégiques de gazole pour réduire les prix à la pompe
Pour répondre à la flambée des prix du gazole, le gouvernement français a décidé de libérer 10 millions de barils de ses réserves stratégiques dans l’espoir de faire diminuer le coût du carburant de 12 à 18 centimes par litre. Cependant, cet effort semble modeste face aux besoins du marché mondial qui consomme environ 100 millions de barils par jour, rapporte TopTribune.
Lors d’une annonce faite mercredi soir, le Premier ministre a précisé que cette libération des réserves se fera « sur trois mois ». Cette décision s’inscrit dans le cadre d’un engagement du G7 qui se propose de libérer 100 millions de barils de produits pétroliers pendant quatre mois, tandis que les pays membres consomment collectivement plus de 30 millions de barils par jour.
« Nous allons utiliser [ces réserves] de manière nouvelle, pour agir sur les prix », a affirmé le chef du gouvernement. Le gazole libéré a été acquis avant la hausse des cours et sera proposé au prix de revient de ces stocks, permettant ainsi une diminution mécanique des prix au mètre cube de gazole, estimée entre 12 et 18 centimes. « Cette baisse bénéficiera à tous ceux qui achètent du gazole et viendra s’ajouter aux aides existantes », a-t-il ajouté.
Une baisse de prix jugée marginale par les experts
Bien que l’augmentation de l’offre de gazole devrait théoriquement permettre une baisse des prix, le volume libéré suscite des doutes quant à son efficacité. Philippe Charlez, expert en questions énergétiques, a estimé que les 10 millions de barils représentent seulement 0,8 % de l’offre mondiale. « C’est marginal », a-t-il commenté.
Charlez doute que cette opération génère une baisse de prix significative. « En théorie, injecter une offre supplémentaire sur un marché tendu peut réduire les prix, mais compte tenu de la taille du marché et de la proportion libérée, il est peu probable qu’il y ait un impact significatif », explique-t-il.
Les marchés pétroliers n’ont pas réagi de manière significative à l’annonce, le prix du baril restant stable autour de 105 dollars. De plus, la réduction observée à la pompe ces dernières semaines n’excède pas 2 centimes, une baisse presque imperceptible pour les consommateurs.
Pendant ce temps, les méthodes employées par le gouvernement pour arriver à l’estimation de 12 à 18 centimes restent floues. Selon Sébastien Lecornu, le gazole sera mis à disposition au prix de revient. Cependant, Charlez qualifie cette estimation d’optimiste, affirmant que « pour que le gazole baisse sensiblement, il faudrait que les marchés mondiaux réagissent, ce qui n’est pas le cas pour l’instant ».
