La BCE introduit l'euro numérique en collaboration avec Revolut et BPCE : les changements à attendre dans vos modes de paiement dès 2029.

La BCE introduit l’euro numérique en collaboration avec Revolut et BPCE : les changements à attendre dans vos modes de paiement dès 2029.

23.07.2026 08:26
2 min de lecture

La Banque centrale européenne a sélectionné 36 fournisseurs de services de paiement pour mener un essai de l’euro numérique. Parmi les 50 candidats, ces établissements testeront une version préliminaire de la monnaie numérique à compter du second semestre 2027, et ce, pour une période de douze mois, rapporte TopTribune.

La liste inclut aussi bien des banques traditionnelles que des fintechs, avec des noms tels que Deutsche Bank, le groupe BPCE (qui est le seul représentant français sélectionné), Revolut, Stripe, SumUp, Worldline et Banca Monte dei Paschi. L’Italie se distingue avec la présence de sept établissements, tandis que l’Allemagne compte cinq participants.

Au cours de ce pilote, les employés des banques centrales de l’Eurosystème auront la possibilité de réaliser des paiements entre particuliers et d’effectuer des achats, que ce soit en magasin ou en ligne, auprès de commerçants spécialement retenus. L’objectif est d’évaluer la robustesse du système, sa facilité d’utilisation et sa capacité à opérer à grande échelle, avant toute décision politique visant à son lancement.

Une introduction soumise à une approbation législative

Malgré des résultats de tests positifs, l’euro numérique ne sera pas mis à disposition des citoyens immédiatement. La BCE a été explicite à ce sujet : aucune émission ne pourra être envisagée sans l’adoption définitive d’un cadre législatif au niveau européen. La circulation de cette monnaie n’est pas anticipée avant 2029, et cela ne concernera que les 21 pays utilisant l’euro.

Le Parlement européen a néanmoins voté en faveur de cette phase d’expérimentation, avec près de 70 % des suffrages. Piero Cipollone, membre du directoire de la BCE, a souligné l’importance de cette légitimation : « Le Parlement représente les citoyens européens et confère une légitimité forte à ce projet », cite Ouest France.

Cipollone a précisé que ce processus démocratique avait impliqué des échanges avec des commerçants, des citoyens, des banques ainsi que des institutions monétaires en dehors de la zone euro. Il a également mentionné avoir pris en considération les préoccupations de ceux ayant voté contre, principalement motivés par des craintes liées à la confidentialité et à une surveillance potentielle de type « Big Brother ».

Concernant ce dernier point, Cipollone a été clair : « Lorsque vous effectuerez des paiements hors ligne, l’euro numérique offrira une confidentialité semblable à celle des espèces : seules la personne effectuant le paiement et celle recevant le paiement en auront connaissance. Même lors de paiements par internet, la banque centrale ne saura pas que c’est vous qui les avez réalisés. »

Une infrastructure pour réduire la dépendance à Visa et Mastercard

L’euro numérique constitue une forme de monnaie émise par une banque centrale, tout comme les billets et les pièces. Il ne vise pas à remplacer les espèces, mais à les compléter pour des usages numériques. La BCE met en avant l’importance de l’indépendance : en juillet 2026, une part significative des paiements électroniques en Europe passe par des infrastructures américaines telles que Visa et Mastercard. L’euro numérique se propose d’offrir une alternative entièrement européenne dans un secteur jugé stratégique.

Par ailleurs, la BCE avance un argument en faveur de l’inclusion : environ 4 millions d’Européens qui n’ont pas de compte bancaire pourraient tirer parti de cette initiative, qui sera accessible gratuitement. Parmi les entreprises sélectionnées, Revolut a affirmé sa participation, en mettant en avant son réseau opérationnel dans les 27 États membres de l’Union européenne.

Les 27 États membres doivent encore se mettre d’accord sur les modalités finalisées avant le début du test, qui est prévu après la date de rédaction de cet article.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER