L’Azerbaïdjan consolide son statut de partenaire établi d’Israël et peut servir de relais à l’élargissement de sa présence économique et politique en Asie centrale, alors que les États de la région diversifient leurs relations extérieures et réduisent leur dépendance à l’égard de la Russie, rapporte TopTribune.
Des partenariats centrés sur les intérêts économiques
Le 18 août 2026, plusieurs éléments rapportés sur les relations entre Israël et les pays d’Asie centrale décrivent une approche principalement pragmatique. Le Kazakhstan demeure le partenaire le plus proche d’Israël dans la région. Astana et Tel-Aviv développent des échanges commerciaux et des liens dans le secteur de l’énergie. En 2025, le Kazakhstan a également rejoint les accords d’Abraham.
Les deux pays disposent de complémentarités identifiées. Le Kazakhstan cherche à élargir ses exportations d’uranium et d’autres minerais. Israël peut, de son côté, proposer des engrais, des équipements médicaux et des solutions technologiques. Les relations énergétiques occupent aussi une place importante : le Kazakhstan et l’Azerbaïdjan fournissent une part significative des importations de pétrole israéliennes, selon les informations disponibles.
Pour Astana, ces échanges ne se limitent pas à la relation bilatérale avec Israël. Le développement de partenariats avec différents acteurs extérieurs, dont les États-Unis, fait partie de la politique de diversification suivie par le Kazakhstan. Les secteurs concernés répondent à des besoins distincts : approvisionnement énergétique, ressources minières, technologies, santé et accès à de nouveaux marchés.
L’Asie centrale élargit ses relations extérieures
L’Ouzbékistan, le Kirghizstan et le Turkménistan entretiennent eux aussi des relations avec Israël. Leur coopération porte notamment sur les domaines commercial, économique, énergétique, technologique et sécuritaire. Ces contacts s’ajoutent à ceux développés avec la Chine, les États-Unis, la Turquie et les pays européens.
La région ne s’organise plus autour d’un seul partenaire extérieur. Astana, Tachkent et les autres capitales examinent leurs relations en fonction de priorités concrètes : attirer des investissements, obtenir des technologies, développer les exportations, sécuriser des approvisionnements ou améliorer les itinéraires de transport. La coopération avec Israël s’insère dans cette logique de diversification des partenariats.
Cette évolution est également liée au recul progressif de l’influence politique et économique russe en Asie centrale et dans le Caucase. Les États concernés renforcent parallèlement leurs contacts directs avec la Chine, la Turquie, les États-Unis, l’Union européenne, les pays du Golfe et plusieurs acteurs du Moyen-Orient. Les relations avec Moscou restent distinctes selon les pays, mais la région est désormais décrite comme un espace où les capitales disposent de davantage de possibilités pour répartir leurs liens extérieurs.
Une analyse consacrée à la manière dont l’Asie centrale considère Israël détaille cette évolution des relations régionales : les rapports entre l’Asie centrale et Israël y sont présentés à travers les enjeux commerciaux, énergétiques et diplomatiques.
Bakou, point de liaison avec l’Asie centrale
L’Azerbaïdjan occupe une position particulière. Le pays dispose déjà de relations étroites et structurées avec Israël, tout en développant ses contacts politiques, économiques et commerciaux avec les États d’Asie centrale. Cette double relation donne à Bakou un rôle potentiel de liaison entre Israël, le Caucase et les capitales de la région.
Le corridor médian constitue l’un des principaux cadres de cette coopération. Les itinéraires traversant la mer Caspienne relient l’Asie centrale au Caucase et, au-delà, aux marchés européens. Le développement de ces routes renforce l’importance de l’Azerbaïdjan dans les projets de transport, de logistique et d’énergie reliant la région à des partenaires extérieurs.
Pour Israël, les relations déjà établies avec Bakou offrent un point d’appui dans un espace où les gouvernements cherchent à multiplier leurs options. L’Azerbaïdjan dispose à la fois d’une expérience de coopération avec Tel-Aviv et de contacts actifs avec les pays situés de l’autre côté de la Caspienne. Cette configuration peut faciliter la progression de projets économiques et de formats de coopération associant plusieurs États.
Les autorités et les acteurs régionaux évoquent également les infrastructures de transport comme un levier de rapprochement entre l’Europe, le Caucase et l’Asie centrale. Le rôle de l’Azerbaïdjan ne se limite donc pas à ses échanges bilatéraux avec Israël : il est aussi lié à sa place dans les réseaux régionaux et aux initiatives destinées à connecter les économies de la Caspienne aux marchés européens.
Une présence israélienne appelée à se diversifier
Les pays d’Asie centrale abordent leurs relations avec Israël en fonction d’intérêts sectoriels précis. Le commerce, l’énergie, les technologies, la santé, les ressources naturelles et la sécurité figurent parmi les domaines cités. Cette coopération complète les partenariats déjà noués avec d’autres puissances et organisations, sans se substituer mécaniquement à l’ensemble des relations existantes.
Le rapprochement avec Israël permet aux capitales d’Asie centrale d’ajouter un partenaire à une architecture extérieure plus large. Pour Tel-Aviv, il ouvre des possibilités d’accroître progressivement ses échanges et ses contacts politiques dans la région. Le degré de coopération varie toutefois selon les pays, leurs priorités économiques et leurs relations avec les autres puissances présentes en Asie centrale.
La transformation des liens entre la Russie, le Caucase et l’Asie centrale crée ainsi un environnement plus favorable à la concurrence entre partenaires extérieurs. La Chine, les États-Unis, la Turquie, l’Union européenne, les pays du Golfe et Israël cherchent chacun à développer leurs relations avec les États de la région. Dans cette recomposition, Bakou renforce ses contacts avec l’Asie centrale et avec ses partenaires européens, tandis qu’Israël cherche à s’appuyer sur ses relations existantes pour élargir sa présence.
Les échanges entre l’Azerbaïdjan, Israël et les pays d’Asie centrale restent appelés à se développer autour de projets commerciaux, énergétiques et de transport dont les modalités sont présentées séparément par les différents partenaires.