Le marathon budgétaire a débuté. Ce jeudi, le projet de loi de finances (PLF) et celui de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) sont soumis en Conseil des ministres. L’objectif primordial : collecter 43 milliards d’euros à travers des « mesures de redressement ». Concernant la Sécurité sociale, le gouvernement s’engage à réduire quasiment de moitié le déficit d’ici 2027 et exigera des efforts significatifs de la part des retraités et des assurés sociaux, rapporte TopTribune.
Des dépenses maîtrisées, mais une réduction des effectifs
Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement a prévu un gel des dépenses, notamment celles de l’État, qui resteront « stables » hors dépenses de défense et du service de la dette. Certains ministères, tel que celui du Travail, seront contraints de réaliser des économies de 2,5 milliards d’euros, tout comme divers opérateurs de l’État, tels que France Compétences et France Travail.
Les fonctionnaires seront également concernés. Le point d’indice, servant de base pour une partie de leur rémunération, sera gelé. Cette décision a été mal perçue par la fonction publique, qui a massivement manifesté mardi pour défendre son pouvoir d’achat. Le nombre total de fonctionnaires de l’État et de ses opérateurs diminuera de 1.076 en 2027, sans compter les effets de la réforme de la formation initiale des enseignants et la création de postes dans le cadre de la loi de programmation militaire, conformément aux dispositions du PLF.
Gel des aides familiales et des APL
Le gouvernement a également décidé de ne pas revaloriser, « exceptionnellement en 2027 », les aides personnelles au logement (APL) et prévoit d’instaurer des contraintes pour les étudiants issus de familles aisées. Des frais d’inscription en BTS ou en classe préparatoire seront imposés aux étudiants non boursiers.
En outre, le montant des allocations familiales sera gelé. Les ressortissants étrangers non européens en situation régulière devront avoir résidé au moins un an en France pour accéder à certaines prestations familiales et aux APL, alors qu’auparavant aucun délai de carence n’était appliqué.
Nouvelles recettes fiscales : sucre, kérosène et autoroutes
Les entreprises devront contribuer à ces économies. Le gouvernement prévoit de restreindre les exonérations de cotisations patronales et d’augmenter la taxation des exploitants d’autoroutes et d’aéroports de 800 millions d’euros. Une nouvelle taxe sur les produits sucrés sera introduite au nom de la lutte contre l’obésité, une mesure qui suscite déjà une forte opposition de la part de l’industrie agroalimentaire. Par ailleurs, le gouvernement entend renouveler la contribution différentielle appliquée aux hauts revenus, mise en œuvre en 2025.
Contribution des retraités
Le gouvernement vise à économiser 5,5 milliards d’euros en sollicitant les retraités, utilisant deux mécanismes. Contrairement à la pratique habituelle, toutes les pensions de retraite ne seront pas ajustées en janvier selon l’inflation. Seules celles inférieures ou égales à 85 % du Smic, soit 1.260 euros (base et complémentaire confondues), bénéficieront d’une telle augmentation. Le reste proviendra d’une diminution à 3.000 euros du plafond de l’abattement fiscal de 10 % accordé aux retraités.
Une série d’autres mesures
Le gouvernement projette également un étau sur les dépenses de santé, avec une hausse de l’Ondam (objectif national de dépenses de l’assurance maladie) limitée à 2 %. Cette progression inclut une « stabilité moyenne des tarifs hospitaliers » et vise à réaliser environ 5 milliards d’euros d’économies dans le secteur de la santé. Le projet de loi comprend également des mesures supplémentaires, telles que 200 millions d’euros destinés aux pompiers, ainsi qu’une imposition sur les avoirs en déshérence.