La tragédie de Charles II d'Espagne : la fin des Habsbourg et les ravages de la consanguinité

La tragédie de Charles II d’Espagne : la fin des Habsbourg et les ravages de la consanguinité

23.08.2026 09:16
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C’est avec ce roi au physique ingrat et aux tares multiples que la dynastie des Habsbourg espagnols a pris fin. Récit d’une dégénérescence familiale.

Portrait de Charles II par Juan Carreño de Miranda, c. 1685. | Wikipédia
Portrait de Charles II par Juan Carreño de Miranda, c. 1685.

Nicolas Méra

Par Nicolas Méra

– Édité par Manon Michel

Dernier représentant d’une lignée en déclin, Charles II d’Espagne, souvent dépeint comme « el Hechizado » – « l’Ensorcelé » – est un exemple tragique des conséquences de la consanguinité dans la dynastie des Habsbourg. Son apparence physique suscite à la fois répulsion et pitié, exacerbée par ses problèmes de santé chroniques. Il est décrit par un envoyé du pape en 1680 comme étant « petit et contrefait, d’une laideur affreuse » et développé des difficultés à se mouvoir sans aide. Malgré des éclairs de lucidité, il est majoritairement somnolent et indécis, rapporte TopTribune.

Les commentaires acerbes abondent sur ses troubles de croissance: il ne parvient pas à s’exprimer avant l’âge de quatre ans et à marcher avant huit ans. Ses difficultés à se nourrir sont exacerbées par un prognathisme sévère, ce qui le pousse à avaler sa nourriture sans mâcher. Ses problèmes de santé sont considérés comme les conséquences de l’endogamie excessive de sa famille, ses propres parents étant en fait oncle et nièce. En 2019, des généticiens ont établi qu’il avait un coefficient de consanguinité de 0,25, équivalent à celui de frères et sœurs.

Mauvais sangs

La généalogie des Habsbourg d’Espagne ressemble davantage à une plante grimpante qu’à un arbre, leurs branches entremêlées à travers les siècles. Bien que la monarchie ait connu un essor sous Charles Quint, le refus de s’allier à d’autres familles royales et la quête pour maintenir un « sang pur » ont conduit à des mariages entre cousins. Charles Quint lui-même a épousé sa cousine germane, établissant une norme qui au fil du temps a miné la santé de la lignée.

Les mariages consanguins se sont poursuivis avec Philippe II et Philippe III, entraînant une mortalité infantile élevée et divers handicaps dans la descendance. L’empreinte physique de cette dégénérescence est palpable sur les portraits de la royauté, où la mâchoire saillante est souvent masquée par une barbe et des retouches artistiques. Au terme de cette lignée, le visage caricatural de Charles II est le résultat funeste de deux siècles de mariages entre proches.

Le 1er novembre 1700, après avoir lutté contre une agonie prolongée, Charles II meurt au palais de l’Alcázar de Madrid, victime de ses multiples maux. Il ne laisse derrière lui aucune descendance et la couronne passe immédiatement aux Bourbons, marquant ainsi la fin de l’ère des Habsbourg.

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