La FIFA face à des pressions internes et externes après l’abandon de son projet controversé
Des voix s’élèvent au sein de la FIFA, appelant à une prise de distance avec le président Gianni Infantino, suite à l’abandon d’un projet controversé visant à ouvrir le Mondial aux investisseurs privés. Le directeur du développement du football mondial, Arsène Wenger, a affirmé que « la décision de retirer le projet était absolument nécessaire et incontestable », rapporte TopTribune.
Wenger, en poste à la FIFA depuis 2019, a précisé qu’il « croyait fermement à une FIFA indépendante, qui sert le football avec engagement, transparence et intégrité ». Il a ajouté qu’il n’avait pas été impliqué dans ce projet, prenant connaissance de son existence par les médias. Le projet, qui visait à créer une société commerciale, la FIFA Forward Enterprise (FFE), avait suscité de vives réactions dans le monde du football avant d’être retiré face à une opposition grandissante.
Cette opposition ne provient pas seulement de l’intérieur de l’instance, mais également de l’UEFA, qui a perdu confiance en Infantino, ainsi que de la Concacaf. Mattias Grafström, secrétaire général de la FIFA, a déploré dans un message interne « une série d’événements tristes et condamnables », soulignant que ces incidents avaient conduit à l’abandon définitif du projet.
Pressions externes de l’UEFA et la Concacaf
La contestation envers Infantino s’est intensifiée, avec des pressions venant de la UEFA et de la Concacaf qui ont remis en question sa gouvernance. La Concacaf a exprimé la nécessité d’une « mise à plat complète » de la gouvernance de la FIFA, tandis que l’UEFA, menaçant d’un boycott, a notifié son intention d’engager des actions légales contre la FIFA concernant la FFE.
Cette escalade des tensions montre un désir croissant de la part des fédérations européennes de voir des changements structurels au sein de la FIFA. Les clubs européens, également préoccupés par l’élargissement prévu de la Coupe du monde des clubs à 32 participants, expriment leur mécontentement face au manque de soutien financier prévu pour les clubs non participants.
Des répercussions potentielles pour la prochaine Coupe du Monde
La prochaine édition de la Coupe du Monde, prévue pour 2029, pourrait également être compromise, aucun accord n’étant en place pour libérer les joueurs, ce qui pourrait causer des conflits prolongés si la situation actuelle persiste à la FIFA. Une source au sein du football européen a souligné qu’il y avait un besoin urgent de réformes au-delà de la simple figure d’Infantino.
En dehors de l’Europe, le prince Ali Al Hussein, président de la fédération jordanienne, a accusé Infantino de « chantage », évoquant des problèmes rencontrés par sa fédération lors du précédent Mondial et une promesse explicite d’assistance en échange de son soutien à Infantino. Malgré ces accusations et controverse, Infantino reste le seul candidat déclaré pour les élections de mars 2027 à Rabat, ayant jusqu’à présent perdu le soutien officiel de quatre fédérations européennes.
Les défiances envers sa gestion de la FIFA continuent de croître, mais Infantino tente de garder le contrôle face à une tempête de critiques. La situation reste tendue, mais il demeure déterminé à poursuivre son mandat en obtenant la majorité des 211 fédérations membres lors du scrutin futur.