Qu’est-ce qu’un cookie et pourquoi Fnac Darty en a utilisé ?
Un cookie, également connu sous le nom de traceur numérique, désigne un petit fichier installé sur votre smartphone ou ordinateur lors de votre navigation sur un site web ou dans une application. Sa fonction principale est de retenir vos préférences, vos clics et vos recherches. Certains cookies sont techniques — par exemple, ceux qui permettent de garder votre panier d’achat rempli — tandis que d’autres sont publicitaires, vous montrant des annonces ciblées en fonction de vos comportements en ligne. En vertu de l’article 82 de la loi Informatique et Libertés en France, les entreprises doivent obtenir votre consentement explicite avant d’installer des traceurs publicitaires ou de personnalisation. Un refus de votre part doit obligatoirement conduire à l’absence de suivi, rapporte TopTribune.
À quoi servaient les cookies de Fnac Darty ?
Dans le cas de l’application mobile de Fnac, des traceurs étaient employés pour rassembler l’historique de navigation des utilisateurs. L’objectif affiché était de proposer des recommandations de produits adaptées aux préférences de chaque utilisateur et de perfectionner l’algorithme de suggestions. Selon la CNIL, ces traceurs permettaient de connaître les articles consultés, le temps passé sur chaque page, ainsi que les articles ajoutés à la liste de favoris. Cette collecte constitue une richesse commerciale, mais elle nécessite l’accord préalable des utilisateurs. Or, Fnac Darty a continué à recueillir ces données même lorsque les utilisateurs avaient clairement exprimé leur refus de suivre.
Où est le problème ? Le consentement manquant expliqué
Le consentement des utilisateurs est fondamental pour la protection des données privées en France et en Europe. Lors de l’ouverture d’une application, un message doit vous demander d’accepter ou de refuser les cookies. Un refus signifie que l’entreprise n’est pas autorisée à suivre votre navigation dans un but commercial. Cette règle est essentielle pour votre vie privée, vous permettant de garder le contrôle sur l’utilisation de vos données personnelles. Sans cette protection, les entreprises ont la capacité d’établir des profils détaillés de vos comportements, préférences et habitudes d’achat sans aucune transparence.
La CNIL a noté que les sociétés appartenant au groupe enfreignaient manifestement les choix des utilisateurs. Même après un refus, les traceurs continuaient à fonctionner. « Ces traceurs permettaient de collecter notamment leur historique de navigation afin de leur afficher des recommandations de produits et d’entraîner son algorithme de recommandations », a précisé l’autorité de régulation dans son communiqué du 29 octobre 2026. Cette situation a conduit à une violation de l’article 82 de la loi Informatique et Libertés, qui stipule qu’un consentement préalable, libre et éclairé est requis pour toute utilisation de traceurs publicitaires ou de personnalisation.
7 millions d’euros d’amende
La CNIL a prononcé deux amendes distinctes. Fnac Darty Participations et Services, la maison-mère du groupe, a reçu une amende de 6 millions d’euros. D’autre part, Fnac Direct, la branche qui gère directement le site et l’application mobile, a été sanctionnée de 1 million d’euros supplémentaire, portant le total à 7 millions d’euros. Cette répartition des amendes s’explique par le fait que la holding est responsable des pratiques stratégiques du groupe, tandis que la filiale opérationnelle a instauré le système de traçage problématique. En outre, la CNIL a demandé une mise en conformité sous un délai d’un mois, avec une pénalité de 10 000 euros par jour de retard. Ceci envoie un message fort au secteur du e-commerce, en réaction aux sanctions record infligées à des géants comme Google et Shein.
Cette sanction réaffirme votre droit à une gestion adéquate de vos données. Ainsi, Fnac Darty doit désormais respecter scrupuleusement les refus de traçage. En pratique, si vous refusez les cookies sur l’application, aucune donnée relative à votre navigation ne pourra être collectée pour des fins commerciales. Vous utiliserez toujours l’application normalement, sans que vos comportements d’achat ne contribuent à des algorithmes de recommandation ou des campagnes publicitaires ciblées. L’entreprise devra également revoir son interface pour s’assurer que le refus soit aussi accessible que l’acceptation, répondant ainsi à une exigence légale souvent contournée par des designs trompeurs. Une telle décision crée une jurisprudence bénéfique pour tous les consommateurs français face aux pratiques peu transparentes des plateformes numériques.
Pour sa part, Fnac Darty conteste la décision. « La Fnac conteste l’analyse juridique sur le fond et se réserve le droit d’exercer les recours à sa disposition pour contester cette décision », a déclaré le groupe. Celui-ci fait valoir qu’il existe « une divergence d’interprétation des modalités d’application de l’article 82 de la loi Informatique et Libertés concernant certaines fonctionnalités de recommandation de produits dans l’application mobile Fnac ». L’entreprise soutient que ses recommandations de produits relèvent d’une fonction technique, et non d’un traçage publicitaire, un argument que la CNIL a rejeté en affirmant que tout traceur destiné à personnaliser du contenu commercial nécessite un consentement explicite.
