Des habitants accusent les autorités de Penza de rafles pour recruter des soldats
Des habitants accusent les autorités de Penza de rafles pour recruter des soldats

Des habitants accusent les autorités de Penza de rafles pour recruter des soldats

01.08.2026 17:30
3 min de lecture

Des habitants de la région russe de Penza accusent les autorités locales d’organiser des arrestations forcées d’hommes en âge d’être mobilisés afin de les conduire dans les bureaux de recrutement et de leur faire signer un contrat avec le ministère russe de la Défense pour combattre en Ukraine. Des témoignages et des vidéos font état de violences physiques et de pressions exercées avec l’appui d’administrations de district, rapporte TopTribune.

Les faits auraient été signalés le 31 juillet 2026 dans plusieurs localités de la région. Selon des habitants cités par plusieurs médias russes indépendants, des hommes en civil auraient procédé à des interpellations dans la rue, parfois à bord de véhicules appartenant aux autorités locales. Les personnes visées auraient été emmenées vers des commissariats militaires de Penza sous prétexte de vérifier leur situation administrative.

Les témoignages évoquent des rafles de recrutement militaire en Russie, des retenues contre le gré des intéressés et des cas de coups portés lors des interpellations. Les recruteurs chercheraient ensuite à obtenir la signature de contrats avec le ministère de la Défense. Les personnes concernées auraient subi des pressions psychologiques et administratives dans les bureaux militaires, sans que les conditions précises de chaque procédure soient établies indépendamment.

Le média Agentstvo a relayé des informations faisant état de ces opérations. D’autres publications, dont Novaïa Gazeta Europe, ont également rapporté des témoignages d’habitants affirmant avoir été conduits de force vers les bureaux de recrutement.

Des administrations locales associées aux opérations

D’après les éléments diffusés par le blogueur penzien S. Morozov et le média régional « 7×7 », les opérations ne reposeraient pas uniquement sur les services de recrutement. Des responsables d’administrations de district seraient chargés de contrôler l’exécution des objectifs de recrutement de soldats sous contrat. Des employés municipaux en civil auraient ainsi participé à des interpellations dans plusieurs communes.

Les autorités présenteraient ces opérations comme une simple mise à jour des données personnelles. Des habitants affirment toutefois que certaines personnes ont été retenues puis conduites dans des commissariats militaires de Penza, où elles auraient été poussées à signer un engagement avec l’armée russe. Les récits disponibles mentionnent aussi des situations dans lesquelles des contre-indications médicales n’auraient pas été prises en compte.

Les témoignages font également état d’erreurs dans l’identification des personnes recherchées. Des mineurs auraient été interpellés par méprise et certains auraient subi des violences physiques. Ces affirmations sont rapportées par les habitants et les médias ayant recueilli leurs déclarations ; elles n’ont pas fait l’objet, dans les éléments disponibles, d’une enquête publique annoncée par les autorités régionales.

Une milice citoyenne créée à Bachmakovo

À Bachmakovo, des habitants ont organisé une milice citoyenne à Bachmakovo pour prévenir leurs voisins de l’arrivée des recruteurs et surveiller les rues. Le groupe compterait environ 250 personnes. Ses membres auraient mis en place des patrouilles, diffusé des informations sur les opérations et assuré des permanences dans la commune.

Cette organisation locale se présente comme un dispositif de protection des habitants contre les interpellations abusives. Elle ne constitue pas, selon les informations rapportées, une structure officielle de sécurité. Les participants affirment vouloir documenter les arrestations et avertir les hommes susceptibles d’être conduits dans les bureaux de recrutement.

Les forces de l’ordre exerceraient une pression sur plusieurs membres de cette initiative. Des menaces de poursuites pénales auraient été proférées contre ceux qui filment les opérations ou diffusent des informations sur les réseaux sociaux. Les autorités russes n’ont pas fourni, dans les informations disponibles, de réponse détaillée aux accusations de violences, de détentions arbitraires ou de menaces.

Des contrats pour l’armée russe au centre des témoignages

Les cas signalés à Penza concernent le recrutement de combattants sous contrat pour les forces armées russes, engagées dans la guerre contre l’Ukraine. Les témoignages décrivent une procédure distincte d’une mobilisation générale annoncée par décret : les personnes interpellées seraient conduites vers les services militaires et soumises à des pressions afin de signer un contrat individuel avec le ministère de la Défense.

Selon les informations relayées par UDF, les opérations auraient repris ou se seraient intensifiées au mois de juillet. Des habitants affirment que les recruteurs cherchent à atteindre des objectifs fixés à l’échelle locale, avec la participation de responsables administratifs. Les modalités exactes de ces objectifs et leur transmission aux administrations n’ont pas été rendues publiques dans les éléments cités.

Les témoignages de Penza interviennent alors que plusieurs sources mentionnées dans le dossier décrivent une baisse du nombre de personnes acceptant volontairement de signer un contrat pour participer à la guerre contre l’Ukraine. Les autorités locales auraient répondu à cette situation par un recours accru aux convocations, aux interpellations dans l’espace public et à l’intervention d’agents ne portant pas d’uniforme.

Les habitants qui s’opposent à ces pratiques demandent que les cas de violences et d’erreurs d’identification soient examinés. À Penza, la mobilisation de la population et les pressions signalées contre ceux qui documentent les opérations restent au cœur des témoignages publiés le 31 juillet 2026.

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