Décès de Tony Gatlif, réalisateur emblématique de "Gadjo Dilo" et "Exils" à 77 ans

Décès de Tony Gatlif, réalisateur emblématique de « Gadjo Dilo » et « Exils » à 77 ans

06.09.2026 15:56
2 min de lecture

Le cinéaste Tony Gatlif, célèbre pour ses films emblématiques tels que « Gadjo Dilo » et « Exils », est décédé à l’âge de 77 ans à Arles (Bouches-du-Rhône), a annoncé sa famille ce vendredi 4 septembre 2026. Il travaillait actuellement sur un projet de film historique, rapporte TopTribune.

Un réalisateur engagé jusqu’à la fin

Le réalisateur a succombé à des complications de santé, laissant un héritage cinématographique important. Sa famille a salué « sa générosité, sa joie, sa poésie et son amour de la musique », affirmant que « la beauté de ses films restera à jamais gravée en nous ». Ils lui ont souhaité « Latcho Drom », une expression tzigane signifiant « Bonne route ».

« Latcho Drom » fait partie des 25 films réalisés par Tony Gatlif depuis 1975, dont plusieurs sont devenus des classiques, tels que « Gadjo Dilo » (1997) et « Exils » (2004), qui a remporté le prix de la mise en scène à Cannes. Son dernier long métrage, « Ange », est sorti en 2025.

Les récits de Gatlif, empreints de préoccupations sociales, mettent souvent en avant une musique riche et variée : le flamenco dans « Vengo » (2000), la musique tzigane dans « Les Princes » (1983) ou le rebétiko dans « Djam » (2017). La ministre de la Culture Catherine Pégard a réagi sur X, soulignant que Gatlif « avait le goût des chemins de traverse, des frontières qui s’effacent, des vies que l’on regarde trop peu ».

Un parcours de vie unique

Né Michel Dahamani d’un père kabyle et d’une mère gitane le 10 septembre 1948, Tony Gatlif a vécu des moments difficiles après son départ d’Algérie. Lors d’un contrôle de police vers l’âge de 12 ans, il a opté pour le nom de Gatlif pour éviter d’être renvoyé, s’inspirant d’un espace vert à Alger.

Après un séjour en maison de correction, il est transféré en Camargue par décision de justice, où il découvre par la suite le théâtre et l’acteur Michel Simon. En 2021, il déclarait à l’AFP : « J’ai mené une bataille contre ma destinée » et ajoutait que la Camargue « fait partie des choses qui m’ont sauvé ».

« Avant j’étais violent, il ne fallait pas me toucher, j’étais un mauvais garçon (…) je n’écoutais personne, pour moi les grands, tous les gens, étaient des ennemis. Du moment où j’ai mis pied en Camargue, j’ai commencé à écouter et ça tient au respect avec lequel les gens me parlaient, sans préjugé.

Tony Gatlif

Son film le plus acclamé, « Gadjo Dilo » (« L’étranger fou »), est un hommage vibrant à la musique tzigane, qu’il décrit comme « une musique qui crie la peur et la douleur d’un peuple qui a mal à son âme ». Ce film retrace la quête d’un jeune Français idéaliste, interprété par Romain Duris, à la recherche d’une chanteuse au sein d’un camp tzigane en Roumanie.

Avec AFP

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