Canicule : trois réacteurs nucléaires dans le Grand-Est arrêtés en raison de la baisse des rivières

Canicule : trois réacteurs nucléaires dans le Grand-Est arrêtés en raison de la baisse des rivières

03.08.2026 16:56
2 min de lecture

Deux réacteurs de la centrale nucléaire de Chooz, située dans les Ardennes, et un réacteur de la centrale de Cattenom en Moselle sont à l’arrêt depuis ce lundi en raison d’une diminution du débit des rivières Meuse et Moselle. Les deux régions sont placées en vigilance jaune canicule, les températures élevées étant directement responsables de cette mise à l’arrêt, rapporte TopTribune.

Le réacteur numéro 1 de Chooz a été arrêté par EDF samedi à 23h05, afin de respecter l’accord franco-belge du 8 septembre 1998 concernant la gestion des eaux de la Meuse, selon un communiqué de l’énergéticien. Par ailleurs, le deuxième réacteur de cette centrale, proche de la frontière belge, reste à l’arrêt depuis le 11 juillet « dans le cadre de ce même accord ».

La situation des réacteurs nucléaires en France

EDF a également décidé d’arrêter préventivement un des réacteurs de la centrale de Cattenom durant la nuit de vendredi à samedi, en réponse à la baisse du débit de la Moselle. Ces trois réacteurs demeuraient à l’arrêt lundi en début d’après-midi.

La France, qui dispose de 57 réacteurs nucléaires représentant 70 % de sa production d’électricité, se voit contrainte d’adopter ces mesures pour protéger l’environnement et la biodiversité. Toutes les installations nucléaires sont stratégiquement situées à proximité d’un cours d’eau ou de la mer pour leur refroidissement. Cependant, en période de sécheresse ou de canicule, la baisse du débit et l’augmentation de la température des cours d’eau obligent EDF à réduire, voire arrêter sa production. Ceci afin d’éviter le rejet d’effluents chimiques ou radioactifs et d’éviter d’augmenter la température des rivières par leurs eaux de refroidissement.

Impact sur les autres réacteurs

EDF a précisé que « quatre réacteurs sont concernés par une adaptation de puissance » en ce moment : Bugey 3 aurait été affecté quelques heures lundi, Tricastin 4 quelques heures mardi, ainsi que Saint-Alban 1 et 2, le numéro 2 étant impacté pour quelques heures ce lundi.

La gestion des ressources en eau devient ainsi un enjeu crucial pour l’industrie nucléaire française, particulièrement en période de forte chaleur. EDF doit naviguer entre la continuité de la production électrique et les impératifs environnementaux, posant un défi grandissant dans le contexte actuel de changement climatique.

Les préoccupations liées à cette situation soulèvent des interrogations sur la durabilité de l’approvisionnement en électricité et l’adaptabilité des infrastructures face à des phénomènes climatiques extrêmes. Les centrales nucléaires, bien que perçues comme une réponse aux défis énergétiques, doivent aussi composer avec les limites de l’environnement naturel.

Les autorités locales et nationales devront continuer à surveiller l’évolution de cette situation, alors que la vague de chaleur persiste. La coordination des mesures avec les organismes de gestion de l’eau et le respect des accords interétatiques seront essentiels pour équilibrer les intérêts économiques et écologiques.

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