Augmentation des conflits entre humains et ours en Europe et au Japon : enjeux de cohabitation à l'heure de la protection des espèces

Augmentation des conflits entre humains et ours en Europe et au Japon : enjeux de cohabitation à l’heure de la protection des espèces

10.07.2026 07:36
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Des dommages considérables sur les cultures ainsi que des rencontres inopinées dans les zones habitées et des attaques mortelles se multiplient dans plusieurs pays, rendant les confrontations entre les ours bruns et les habitants de plus en plus problématiques. En Grèce, dans la région frontalière entre l’Albanie et la Macédoine du Nord, la population d’ours a doublé en six ans, atteignant près de 900 individus en 2025, rapportent TopTribune.

À des milliers de kilomètres, au Japon, la situation est tout aussi alarmante. Depuis le 1er avril, au moins cinq personnes ont été tuées dans la région du Tohoku, qui a enregistré un nombre record de 13 attaques mortelles en 2025, selon le ministère de l’Environnement. Les signalements d’ours dans les parcs, les commerces et à proximité des écoles sont quotidiens. Pour contrôler la population, 800 caméras seront installées dans les montagnes du nord.

Les raisons de cette augmentation des interactions homme-ours sont complexes. En Grèce, l’interdiction de la chasse et des politiques de protection de l’espèce sont des facteurs clés. Au Japon, les scientifiques pointent également une croissance de la population d’ours, mais cela ne suffit pas à expliquer cette hausse des « conflits » entre les humains et les ursidés.

Un territoire en mutation

Le Groupe de spécialistes des ours (Bear Specialist Group, BSG), affilié à l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), souligne que plusieurs facteurs influencent le comportement des ours, notamment l’urbanisation et l’évolution des pratiques agricoles qui empiètent sur leur habitat, réduisant la qualité de celui-ci et diminuant leurs ressources alimentaires naturelles. Les ours se rapprochent donc des hommes. À l’inverse, la désertification de certaines zones rurales favorise l’expansion de leur territoire, les rendant moins dissuadés par la présence humaine.

Une dépendance alimentaire croissante

La dégradation de leur habitat entraîne de nombreuses difficultés, en particulier sur le plan de l’alimentation. Un ours a besoin d’une quantité considérable de calories, notamment après l’hibernation. Fait à des ressources alimentaires naturelles insuffisantes, il se tourne vers la nourriture humaine, ce qui peut mener à une dépendance. Selon Alexandros Karamanlidis, directeur du sanctuaire Arcturos, plusieurs générations d’ours en Grèce ont appris à trouver plus facilement leur nourriture à proximité des zones habitées.

Cette dépendance pose un risque tant pour les humains que pour les ours. Comme le note le BSG dans son rapport sur les menaces pesant sur les ours, à mesure que la qualité des habitats se dégrade, la disponibilité alimentaire devient erratique, incitant les ours à chercher des aliments d’origine humaine, ce qui entraîne des conflits et une mortalité accrue dans la population d’ours.

Les ours : des « superprédateurs » ?

À la mi-juin, cinq pays européens, par l’initiative de la Roumanie et de la Slovaquie, ont lancé une offensive pour réduire la protection des ours bruns, considérés comme des « superprédateurs ». Bucarest estime sa population d’ours à environ 11 500 individus, affirmant que les attaques d’ours ont causé la mort de 14 personnes et plus de 150 blessés graves au cours des cinq dernières années. En Slovaquie, environ 2 500 ours vivent aux côtés des humains, avec quatre décès et 64 blessés enregistrés en cinq ans. Cette initiative a suscité l’intérêt d’autres pays comme la Finlande, où 2 600 ours ont été recensés par les autorités.

Ces nations souhaitent suivre l’exemple du loup, qui est passé d’espèce « strictement protégée » à « protégée » en 2025, facilitant ainsi les possibilités d’abattage. Pour assurer une meilleure cohabitation, le BSG préconise des programmes éducatifs pour atténuer l’impact des rencontres entre humains et ours, en conseillant de ne pas laisser de nourriture à l’extérieur, de l’entreposer dans des récipients adaptés et d’installer des clôtures pour protéger les cultures, tout en utilisant des chiens de garde pour protéger le bétail.

Alors que les interactions entre l’homme et les ours augmentent, il est essentiel d’adopter une approche équilibrée pour gérer ces tensions tout en protégeant ces espèces réelles qui font face à des défis croissants provoqués par les changements environnementaux et les pressions humaines.

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