Un moratoire sur la chasse devrait être établi dans les massifs forestiers affectés par les incendies de l’été dernier, selon les défenseurs des animaux. Plus de 2.000 hectares de la forêt de Fontainebleau et 42.000 hectares en Gironde ont brûlé, exacerbés par des conditions climatiques extrêmes. Bruno Valentin, créateur de la pétition Pas de fusil sur les cendres, qui a recueilli plus de 520.000 signatures, questionne l’éthique de la chasse dans un contexte où les animaux n’ont plus de refuge : « Comment peut-on accepter que des équipages de chasse à courre lancent leurs meutes sur des animaux déjà traumatisés ? », rapporte TopTribune.
Pour la saison de chasse 2026-2027, la chasse sera interdite dans les zones incendiées de Fontainebleau. Dans le reste du massif, l’activité a repris depuis le 20 septembre et prendra fin le 28 février. Les zones sinistrées restent fermées au public et aux chasseurs en raison de la chute potentielle d’arbres fragilisés par les incendies. L’Office national des forêts (ONF) participe aux discussions sur la gestion du droit de chasse, bien que la décision finale revienne aux préfets.
Les conséquences sur la régénération forestière
Sophie David, responsable du service environnement de l’ONF, a indiqué que les animaux, se nourrissant des jeunes pousses, pourraient compromettre la régénération naturelle de la forêt si la chasse n’est pas effectuée l’année prochaine. Cette inquiétude trouve écho dans l’importance d’un équilibre sylvocynégétique, soulignant la nécessité de cohabitation entre les activités forestières et la faune, dont les cerfs et les sangliers. « S’ils sont en trop grand nombre, nous risquons de sacrifier la forêt de demain », avertit-elle.
Des indicateurs à surveiller
Des indicateurs tels que la présence de tables d’abroutissement, où les jeunes arbres sont systématiquement sectionnés par le gibier, seront surveillés pour évaluer l’impact de la faune sur la régénération forestière. Thomas Legout, chef de projet à l’ONF, note que cette dynamique est essentielle à la santé des forêts. Des inventaires naturalistes seront effectués sur trois ans pour garantir un retour de la biodiversité.
Gestion en Gironde : un défi similaire
En Gironde, les massifs touchés par les incendies sont majoritairement privés, représentant 90% des forêts. Valentin Hermouet, de la fédération des chasseurs de Gironde, précise que la gestion doit tenir compte de l’impact de la chasse sur la faune avant de décider d’éventuelles interdictions. La préfecture devra évaluer les équilibres de population. L’équilibre agro-sylvo-cynégétique s’avère particulièrement crucial ici, liant la gestion de la faune à la rentabilité économique des forêts.
Débat sociopolitique autour de la chasse
À l’approche des élections présidentielles de 2027, le débat sur la chasse devient particulièrement sensible. L’association Futur, prônant un moratoire plus strict, s’oppose à ce que la chasse se limite aux zones incendiées. « Nous demandons une interdiction de la chasse pendant deux ans dans les zones où les animaux se sont réfugiés », plaide Vuk, membre de l’association. En revanche, pour Hermouet, cette proposition semble davantage idéologique qu’appuyée par des réalités techniques. L’ONF, quant à elle, met en avant une approche basée sur l’observation et l’analyse locale pour ajuster la gestion à l’évolution des enjeux environnementaux.
