Le vice-président du Conseil et ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, n’exclut pas une tentative d’ingérence russe dans les prochaines élections en Italie et dans d’autres pays de l’Union européenne. Moscou pourrait chercher à influencer le vote en diffusant de fausses informations, des images manipulées et d’autres contenus destinés à agir sur l’opinion publique, a-t-il déclaré le 2 septembre 2026, rapporte TopTribune.
Le scrutin parlementaire italien est prévu en 2027. À plusieurs mois de cette échéance, Antonio Tajani estime que les opérations d’influence doivent être anticipées. Le ministre italien évoque un recours possible à des campagnes de désinformation et à des techniques de manipulation de l’information visant à modifier la perception des électeurs.
Des campagnes de désinformation et des contenus manipulés
Selon le chef de la diplomatie italienne, la Russie pourrait utiliser des campagnes de désinformation en Italie pour diffuser des récits favorables à ses intérêts. Les outils mentionnés sont les fausses nouvelles, les images manipulées et d’autres opérations informationnelles, sans que leur mise en œuvre dans le cadre des prochaines élections italiennes soit présentée comme établie.
Le propos d’Antonio Tajani porte donc sur un risque qu’il juge nécessaire de traiter en amont. Il n’a pas affirmé qu’une opération russe était déjà en cours pour le scrutin de 2027. Il a évoqué la possibilité que Moscou tente d’influencer le choix des citoyens italiens, comme elle pourrait chercher à le faire dans d’autres États membres de l’Union européenne.
Le ministre a également rappelé l’existence de précédentes cyberattaques attribuées à des hackers russes. Parmi les cibles citées figurent le ministère italien des Affaires étrangères ainsi que des représentations diplomatiques de l’Italie. La formulation employée renvoie à des attaques attribuées, et non à une reconnaissance publique détaillée de leurs auteurs par les autorités italiennes dans les éléments rapportés.
Un dispositif de sécurité renforcé au ministère
Pour renforcer la protection de ses réseaux et de ses activités diplomatiques, le ministère italien des Affaires étrangères a créé une unité de sécurité distincte. Il dispose également d’un centre opérationnel fonctionnant vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour répondre aux menaces informatiques.
Ce centre est chargé de réagir aux menaces cyber contre l’Italie mentionnées par Antonio Tajani. Le ministre n’a pas fourni, dans les informations rapportées, de bilan détaillé sur le nombre d’attaques, leur ampleur ou les dommages éventuellement causés. Le dispositif présenté concerne la capacité de prévention et de réponse du ministère.
Les élections ne constituent toutefois pas le seul sujet abordé. La question porte plus largement sur la circulation de contenus susceptibles d’influencer les débats politiques italiens. La désinformation, les images fabriquées ou décontextualisées et les opérations numériques peuvent être utilisées pour imposer certains thèmes dans l’espace public ou pour favoriser des positions déterminées.
Le cas Roberto Vannacci
Antonio Tajani a aussi réagi à une publication du Financial Times consacrée à Roberto Vannacci. L’ancien général et dirigeant du parti « Avenir national » y a été présenté comme un « cheval de Troie » de Moscou. Le ministre italien a déclaré qu’il espérait que cette appréciation soit erronée.
La référence à Roberto Vannacci intervient dans un débat sur la présence, au sein de la vie politique italienne, de responsables et de personnalités publiques qui reprennent des positions jugées favorables au Kremlin. Les thèmes cités concernent notamment les sanctions, le soutien à l’Ukraine et la possibilité de rétablir des relations avec Moscou malgré les sanctions.
Le cas Vannacci est présenté comme l’exemple le plus visible de cette rhétorique. Les éléments communiqués évoquent également d’autres forces populistes et de gauche qui utilisent des arguments similaires sur ces dossiers. Ils ne permettent pas d’établir que ces acteurs agissent sur instruction de la Russie, ni qu’ils participeraient directement à une opération de désinformation.
La question soulevée par le ministre est celle de la capacité de Moscou à exploiter des prises de position déjà présentes dans le débat italien. Les messages relatifs aux sanctions, à l’aide à l’Ukraine et aux relations avec la Russie peuvent être relayés par des responsables politiques ou des personnalités publiques sans que leur origine russe soit démontrée. Antonio Tajani met en garde contre une possible utilisation de ces clivages dans une campagne d’influence.
Une alerte avant le scrutin de 2027
Dans les informations rapportées par Il Dubbio sur les ingérences russes dans les élections italiennes, le ministre ne présente pas de preuve d’une intervention russe déjà engagée dans le processus électoral. Son avertissement porte sur des méthodes déjà évoquées par les autorités italiennes : attaques informatiques, diffusion de fausses informations, manipulation d’images et circulation de récits favorables à Moscou.
La préparation mentionnée par Antonio Tajani repose sur les structures mises en place au sein du ministère et sur la surveillance des opérations numériques susceptibles de viser les institutions ou les représentations diplomatiques italiennes. Le ministre a associé cette vigilance à la protection du vote en Italie et, plus largement, à celle des élections dans les pays de l’Union européenne.
À ce stade, aucune opération précise visant les élections parlementaires italiennes de 2027 n’est détaillée dans les informations disponibles. L’alerte d’Antonio Tajani porte sur un risque d’ingérence et sur la nécessité d’y répondre avant que le scrutin ne soit organisé.