À Calais, Natacha Bouchart face à la montée du Rassemblement national avant les municipales
À un mois des élections municipales, Natacha Bouchart, maire de Calais depuis 18 ans, se bat pour conserver son poste face à la concurrence croissante du candidat du Rassemblement national, Marc de Fleurian, un député en campagne pour sa propre élection. Les électeurs calaisiens auront l’occasion de voter lors du premier tour prévu le 16 mars 2026, rapporte TopTribune.
Lors d’une récente rencontre avec des citoyens, Bouchart a reçu des retours largement positifs concernant son bilan. Un habitant a exprimé sa satisfaction, affirmant qu’« en général, on est bien ! » et a salué les « changements physiques de Calais dans pratiquement tous les quartiers. Et bien sûr, la plage ». La rénovation du front de mer est unanimement reconnue comme une réussite, tout comme la mise en place de transports gratuits, attirant ainsi pour la première fois un afflux de touristes.
Les critiques à l’égard de l’édile sont rares, bien que certains, comme Jean-Paul, évoquent des désaccords concernant la gestion de la crise migratoire, particulièrement après le démantèlement de la jungle de Calais. Cependant, beaucoup s’accordent à dire que la ville connaît une nouvelle dynamique. « Ce sont les Calaisiens qui me donnent cette énergie », a déclaré Bouchart, convaincue de sa légitimité.
Marc de Fleurian, en revanche, aspire à « déloger » la maire actuelle, soutenue lors des dernières présidentielles par Emmanuel Macron. Il a déclaré : « Mon objectif est de servir les Calaisiens là où je serai le plus utile. Et je pense que je serai plus utile aux Calaisiens en étant maire de Calais. » Son programme inclut l’augmentation de la police municipale et des restrictions sur la gratuité des transports pour certains groupes.
Cette campagne est d’ores et déjà marquée par une lutte acharnée, alors que le Rassemblement national bénéficie d’un fort soutien à Calais, comme en témoignent les résultats des deux dernières élections présidentielles. Un électeur a souligné que le député « rend compte aux Calaisiens de ce qu’il fait sur les réseaux sociaux », renforçant sa popularité face à une gestion de la municipalité jugée dynamique.
Marion Lavigne, candidate de la gauche unie, a admis la difficulté de se faire entendre dans ce contexte. « Elle est implantée », a reconnu l’un de ses soutiens, en faisant référence à Bouchart. Lavigne, bien que déterminée, a exprimé ses craintes vis-à-vis de la faible mobilisation de la gauche, qui pourrait lui faire perdre des voix.
Une habitante de gauche, pourtant, confie qu’elle votera pour Bouchart, craignant que le changement compromette les avancées réalisées. « Vu le projet mené par la municipalité actuelle, j’ai un peu peur de casser cette dynamique », a-t-elle expliqué. Une réalité difficile à ignorer pour une ville ayant longtemps été un bastion communiste.