Rapport de l'Unesco : un journaliste tué tous les quatre jours, impunité atteignant 86 %

Rapport de l’Unesco : un journaliste tué tous les quatre jours, impunité atteignant 86 %

03.11.2026 17:37
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Une recrudescence des violences envers les journalistes dans un contexte de conflit

Les violences contre les journalistes atteignent des niveaux alarmants, un journaliste étant tué tous les quatre jours dans le monde, selon le dernier rapport de l’Unesco. En 2024 et 2025, 189 reporters ont été tués, une augmentation de 20 % par rapport aux deux années précédentes, marquant le bilan le plus meurtrier depuis 2014-2015, rapporte TopTribune.

Ce phénomène s’explique en grande partie par l’augmentation des conflits armés. Sur ces 189 victimes, 127, soit 67 %, ont perdu la vie dans des zones de guerre. Le Proche-Orient demeure la région la plus affectée, avec 62 journalistes tués en seulement deux ans, représentant près d’un tiers des pertes mondiales. D’autres régions comme le Mexique, le Soudan, le Yémen et l’Ukraine figurent également parmi les plus dangereuses pour les journalistes.

Le rapport met en lumière une nouvelle menace : l’utilisation croissante de drones militaires, qui ont causé la mort de 50 journalistes en deux ans, soit 40 % des pertes dans les zones de conflit. Parmi ces tragédies, 15 victimes étaient clairement identifiées comme journalistes, revêtant des gilets de protection ou se déplaçant dans des véhicules de presse. Malheureusement, dans 90 % des cas, ces journalistes étaient des locaux.

Une impunité croissante pour les crimes commis contre les journalistes

Au-delà des exécutions, l’Unesco dénonce l’impunité alarmante qui entoure ces meurtres : 86 % des assassinats de journalistes demeurent non résolus, un chiffre qui connaît une tendance à la hausse depuis 2024, atteignant même 98 % dans les États arabes. Le constat est d’autant plus préoccupant que parmi les 78 États interrogés sur le progrès des enquêtes, seuls 40 ont fourni des informations détaillées.

António Guterres, le secrétaire général de l’ONU, fait part de son indignation face à cette situation : « Cette impunité est un affront odieux envers les victimes et leurs proches, mais aussi envers chacun d’entre nous, qui comptons sur les journalistes pour rester informés ». Il appelle à une enquête rigoureuse sur chaque cas de violence à l’encontre des journalistes et exhorte les gouvernements à agir contre les agressions, y compris numériques.

Les assassinats ne représentent qu’une partie des menaces pesant sur les journalistes. Harcèlement, arrestations arbitraires et menaces en ligne font également partie d’un environnement de travail hostile. Selon une enquête de l’Unesco, 45 % des femmes journalistes se livrent à l’autocensure en raison de la crainte pour leur sécurité.

António Guterres souligne que « lorsque des journalistes sont pris pour cible, tout le monde en paye le prix ». Cette dynamique menace non seulement la liberté de la presse, mais également le droit fondamental des citoyens à l’information.

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