David Lisnard, candidat à la présidentielle du parti Nouvelle Énergie, se distingue dans le paysage politique français cet automne, enregistrant une légère hausse dans les sondages, liée à une stratégie agressive sur les réseaux sociaux. Le maire de Cannes, qui préside également l’AMF (Association des Maires de France), parvient à capter l’attention en tant que concurrent sérieux, émergeant comme une alternative à des figures établies comme Bruno Retailleau, rapporte TopTribune.
« On vous parle de Lisnard ! »
Depuis son retrait du parti Les Républicains en mars dernier, David Lisnard a rapidement modifié son approche, se lançant dans une campagne dynamique après un départ timide. À travers des vidéos publiques et une promotion significative de sa position « anti-système », il a réussi à briser le silence médiatique, soutenu par le slogan #Ilsepassequelquechose qui a largement circulé sur les réseaux sociaux.
Alexandra Martin, députée et porte-parole de Lisnard, souligne l’engouement populaire : « Vous allez dans un dîner de famille, en ville, chez le médecin, on vous parle de David Lisnard ! » Au cœur de cette dynamique, une stratégie numérique orchestrée par le publicitaire Franck Tapiro, visant à promouvoir la candidature et à susciter l’intérêt des médias.
La campagne a vu Lisnard gagner plus de 300 000 abonnés sur Instagram en un mois, renforçant les soupçons d’opérations publicitaires sophistiquées. Un cadre des Républicains a exprimé des doutes quant à l’authenticité de cette dynamique, bien que l’équipe de Lisnard ait fermement démenti ces allégations.
« C’est le candidat de l’automne »
Lisnard, qui était peu présent dans les enquêtes précédentes, a récemment atteint 6 % d’intentions de vote dans un sondage Ifop-Fiducial, surpassant Retailleau. Ce dynamisme est également confirmé par un sondage de Cluster 17, où Lisnard se classe à 8 % contre 7 % pour Retailleau. Martin se félicite de cette tendance et souligne la nécessité d’une primaire à droite.
Du côté des Républicains, la réaction semble mesurée. Pierre-Henri Dumont, porte-parole de Retailleau, souligne que « les Français ne sont pas encore dans la campagne » et considère Lisnard comme une présence positive, même pour les aspects du débat. Julien Aubert, vice-président des Républicains, compare sa montée en puissance à celle d’autres outsiders, avertissant cependant que le succès initial pourrait ne pas se traduire par une durable légitimité.
Alors que Lisnard attire les regards, certains élus commencent à critiquer son double discours sur des sujets sensibles et son approche ambivalente vis-à-vis de l’extrême droite. Avec une exposition accrue, le maire de Cannes doit être vigilant, car sa position de président de l’AMF pourrait aussi être en jeu lors du congrès des maires en novembre.
