Une enquête menée par le New York Times, fondée sur l’analyse de milliers de déclarations du président américain depuis 2015, révèle une évolution inquiétante de son langage, devenu plus grossier, catégorique et confus. À l’âge de 80 ans, Donald Trump ravive ainsi les interrogations sur ses capacités cognitives, rapporte TopTribune.
Depuis son entrée sur la scène politique en 2015, Donald Trump a transformé le paysage politique américain avec son discours sans filtre et ses publications provocatrices sur les réseaux sociaux, adoptant un mantra appris de son mentor Roy Cohn : « ne jamais s’excuser ». Cependant, alors qu’il se prépare à une réélection potentielle en novembre 2024, son comportement semble se dégrader, posant la question de son âge. En dépit de ses moqueries répétées à l’égard des capacités cognitives de Joe Biden, une vaste enquête du New York Times, publiée juste avant les élections de mi-mandat, met en lumière ces préoccupations.
Des discours deux fois plus longs
Le premier constat majeur est l’augmentation significative de la durée de ses discours. En moyenne, ses meetings durent désormais 85 minutes, contre 42 minutes lors de sa première campagne présidentielle en 2016. Cette inflation verbale se traduit par un discours moins riche, où les digressions, anecdotes et répétitions sont plus fréquentes. Une analyse de plus de 6 500 passages de ses interventions a montré que les digressions confuses sont devenues deux fois et demie plus fréquentes en dix ans. Par exemple, lors d’un meeting en Caroline du Nord, Trump a répété la même anecdote sur la campagne présidentielle de 1988, à trente minutes d’intervalle.
Son vocabulaire a également changé, avec une augmentation de 19 % de l’utilisation de termes absolus tels que « toujours », « jamais » ou « totalement ». Parallèlement, l’usage de grossièretés a explosé, multiplié par 2,5 depuis 2016, passant de six à près de quinze pour 10 000 mots.
Une désinhibition croissante
L’enquête du New York Times note également une montée des déclarations incohérentes, des attaques personnelles et des provocations. Trump cible souvent le physique de ses adversaires ou de ses alliés, se montre particulièrement virulent envers les journalistes, en particulier les femmes. Bien qu’il qualifie son style d’expression de « the weave » (le tissage), technique qu’il décrit comme une manière de revenir au sujet principal après des digressions, les journalistes constatent une augmentation constante de ces écarts.
Malgré la longueur croissante de ses discours, Trump apparaît de moins en moins en public, son agenda affichant une moyenne de 1,3 événement par jour contre 2,1 durant son premier mandat. En revanche, son activité sur les plateformes sociales, notamment Truth Social, demeure intense, avec une moyenne de 21 publications par jour, y compris la nuit.
La question du vieillissement
Cette évolution langagière soulève la question des effets du vieillissement. L’enquête évite cependant de tirer des conclusions médicales, certaines modifications du langage pouvant être liées à l’âge sans indiquer une pathologie. De plus, des changements avaient déjà été observés en 2024, et la complexité de ses phrases reste relativement stable.
En réponse aux critiques concernant ses facultés intellectuelles, la Maison-Blanche rejette les insinuations. Son médecin rappelle que Donald Trump a obtenu un score parfait de 30 sur 30 au Montreal Cognitive Assessment, un test de dépistage qui ne remplace pas un examen neurologique approfondi.
Pour finir, l’enquête du New York Times ouvre un débat crucial sur l’âge du président et ses implications pour la gouvernance du pays.
