Des drones ukrainiens ont ciblé trois centres de données du géant russe Yandex au cours des derniers jours, entraînant une baisse significative de l’activité automatisée des comptes pro-Kremlin. Cette opération soulève des questions sur son impact potentiel sur les réseaux de désinformation du Kremlin, bien qu’aucun lien direct n’ait été établi pour l’instant, rapporte TopTribune.
Entre le 8 et le 11 octobre, les frappes ukrainiennes ont visé des installations à Sasovo, Kalouga et Vladimir. Yandex a confirmé avoir subi des dommages matériels et l’interruption complète des opérations de son centre de données à Vladimir. Des données de Cloudflare montrent que le trafic automatisé de Yandex a chuté de 94 % dimanche, par rapport à la moyenne de la seconde moitié de septembre, bien que cela ne garantisse pas l’éradication des bots de désinformation russes.
Une effondrement de l’activité en ligne?
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a évoqué, lors d’une intervention, une amélioration de l’atmosphère sur les réseaux sociaux, notant une diminution des discours haineux et de division. Cependant, cette hypothèse d’une corrélation entre les frappes et la réduction des messages pro-Kremlin reste à vérifier. En Allemagne, des graphiques circulant sur la chute de l’activité en ligne de l’AfD ont suscité des spéculations, mais leur origine et leur fiabilité demeurent douteuses, une source gouvernementale française n’ayant pas observé de tendance similaire en France.
Les réseaux de désinformation fragiles mais résilients
Les opérations d’influence du Kremlin ne dépendent pas uniquement de Yandex, mais s’étendent à un réseau hybride intégrant ordinateurs piratés et centres de commande. Fabrice Epelboin, expert en réseaux sociaux, souligne que les bots peuvent continuer à fonctionner grâce à d’autres hébergeurs, y compris à l’étranger. Zelensky a affirmé que la situation sur les réseaux sociaux était moins hostile depuis les frappes, observant moins de haine et de divisions.
Cependant, bien que les frappes aient affecté les infrastructures numériques russes et réduit certains flux, l’impact précis sur les opérations d’influence et la diffusion de contenus politiques reste incertain. Aucune donnée ne permet de quantifier cette influence, soulignant les limites des analyses basées uniquement sur les données de trafic.
