Budget 2027 : Sébastien Lecornu confronté à l'opposition du PS et du RN

Budget 2027 : Sébastien Lecornu confronté à l’opposition du PS et du RN

13.10.2026 17:16
2 min de lecture

Sébastien Lecornu fait face à un nouveau défi concernant le budget de l’État pour 2027. Le Premier ministre a averti mardi que le rejet immédiat de ce budget constituerait « le plus mauvais signal » que l’Assemblée nationale pourrait envoyer, en essayant de convaincre les socialistes de renoncer à une motion de rejet. Les députés du Parti socialiste (PS), qui avaient facilité l’adoption du budget l’an passé en s’abstenant de censurer le Premier ministre, adoptent cette année une approche plus offensive, tandis que le Rassemblement national (RN) a déjà déclaré qu’aucun « cadeau » ne sera accordé au gouvernement, rapporte TopTribune.

Les socialistes agacés

Les élus socialistes s’apprêtent à défendre une motion de rejet préalable concernant le projet de budget pour 2027. Ils estiment que le gouvernement n’a fait « aucune inflexion » cette année sur des sujets cruciaux tels que la taxation des plus riches et la protection des plus modestes. Ce matin, Sébastien Lecornu a envoyé une lettre aux chefs de groupe et à la direction du PS, affirmant que « le plus mauvais signal que l’Assemblée nationale pourrait envoyer serait celui du refus de la discussion budgétaire ».

Le Premier ministre a proposé de travailler avec les socialistes sur trois dossiers clés : la « lutte contre les violences faites aux femmes et protection des enfants », l’« agriculture » et « la jeunesse et l’avenir de notre école ». Cependant, il a réaffirmé l’importance de maintenir un déficit public à 5 % du PIB en 2027. La réponse du PS a été rapide, qualifiant Lecornu de « moqueur », selon le porte-parole Arthur Delaporte, et sa collègue Mélanie Thomin a critiqué son refus d’envisager des mesures de justice fiscale.

« Pas de cadeau » à Lecornu, côté RN

Le RN, soutenant la motion de rejet sur la partie recettes du budget, a annoncé qu’il voterait « contre », sapant ainsi tout espoir d’adoption. Un vote contre signifierait le rejet de la motion, permettant à l’examen du texte de se poursuivre. En conférence de presse, le député Jean-Philippe Tanguy a affirmé : « On votera contre », soulignant la volonté du RN d’affronter le gouvernement plutôt que de laisser passer le projet.
Si la motion est adoptée, elle entraînerait le rejet du projet de budget, qui retournerait alors au Sénat.

Tanguy a exprimé leur intention d’« affronter le gouvernement macroniste » au débat, particulièrement à quelques mois de l’élection présidentielle. Cependant, le gouvernement semble peu enclin à obtenir le vote de son budget dans un cadre classique. La première évaluation en commission des Finances a été désastreuse, marquée par un refus quasi unanime du texte (31 contre, trois pour et deux abstentions).

Un 49.3 dans les tuyaux ?

Sans majorité, Sébastien Lecornu pourrait envisager de recourir, comme l’an passé, à l’article 49.3 de la Constitution, mais cela nécessiterait l’engagement de ne pas censurer le gouvernement. Cependant, les socialistes manifestent moins de disposition à cette non-censure, accusant le gouvernement de faire des concessions à l’extrême droite, ce que ce dernier dénie, en particulier en ce qui concerne une période de « carence » pour certaines allocations destinées aux étrangers.

Marine Le Pen a suggéré qu’il serait préférable d’adopter un budget même « imparfait », avec l’intention de le modifier plus tard si son parti devait gagner à l’élection présidentielle. L’inquiétude croît parmi les alliés macronistes, craignant que si la contestation sociale s’intensifie, le RN puisse réagir en censurant le gouvernement. Lecornu pourrait également envisager d’utiliser des ordonnances budgétaires, une procédure jamais employée qui permettrait d’adopter le budget sans vote, mais cela nécessiterait d’attendre jusqu’au 18 décembre après 70 jours d’examen.

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