Le plafond d’abattage de loups en 2026 sera augmenté de 21 % à 23 % de la population totale, a annoncé la ministre de l’Agriculture Annie Genevard lors du Sommet de l’élevage en Auvergne. Elle a précisé : « Nous activerons tout prochainement les 2 points (supplémentaires) pour que le plafond passe de 21 à 23 % », rapporte TopTribune.
Genevard a également souligné qu’il y aura des conditions strictes concernant le tir, afin d’éviter que ce quota ne soit dépassé prématurément. En effet, chaque année, les éleveurs font état de plus de 10 000 pertes d’animaux dues à ce grand prédateur.
Actuellement, la destruction du loup en France est interdite, excepté dans le cadre de dispositifs de défense des troupeaux ou lors de « tirs de prélèvement ». La population de loups est estimée à un peu plus de 1 000 individus, avec un quota de 19 % en 2025, ce qui correspond à 190 loups abattus. Plusieurs départements des Alpes réclament un quota jusqu’à 30 %.
Vers un « permis simplifié » pour l’élevage
La ministre a également annoncé que, si le quota n’est pas atteint une année donnée, les loups non éliminés pourront être additionnés au quota de l’année suivante. Un décret sera présenté d’ici le 12 octobre, avec une sortie prévue en décembre. Ce décret sera accompagné de la loi d’urgence agricole, permettant aux éleveurs autorisés d’utiliser des lunettes de visée nocturne ou thermique.
Patrick Bénézit, représentant du syndicat FNSEA/FNB, a exprimé sa satisfaction face à ces annonces, tout en regrettant le « retard » accumulé sur cette question. De son côté, Stéphane Galais, de la Confédération paysanne, a critiqué l’absence de mesures de protection renforcées, telles que des filets, des chiens ou un meilleur gardiennage. Il a affirmé : « Notre métier ce n’est pas de tuer des loups la nuit avec des lunettes thermiques. Oui, des tirs, mais des tirs qui sont faits par des brigades mobiles dont c’est le métier, avec des moyens renforcés ».
D’autre part, Annie Genevard a promis qu’une ordonnance réformant l’autorisation environnementale en élevage serait publiée avant le prochain Salon de l’agriculture, prévu pour fin février. Ce texte, qui a reçu un accueil positif de la part des acteurs de la filière, sera soumis à consultation publique. Cette réforme vise à retirer les élevages du régime classique des installations classées (ICPE) et à établir un permis simplifié tout en abaissant les seuils d’autorisation pour certaines espèces animales, comme les volailles et les porcs.
Selon les autorités, ces nouvelles mesures visent à équilibrer la protection des prédateurs et la sécurité des éleveurs, dans un contexte où la présence des loups reste un sujet de tension entre les défenseurs de l’environnement et les agriculteurs. Les éleveurs continuent d’insister sur la nécessité de trouver des solutions efficaces pour protéger leurs bétails face à une prédation qui, selon eux, n’est pas suffisamment prise en compte par le gouvernement.
Enfin, les premières discussions autour de la mise en œuvre de ces nouvelles mesures devraient avoir lieu prochainement, en impliquant les différentes parties prenantes, afin de garantir un dialogue constructif et d’éviter de futures escalades de tensions dans ce domaine délicat.
