Amélie de Montchalin a exprimé de vives inquiétudes sur l’état des finances publiques françaises. « La classe politique aujourd’hui doit se réveiller », a-t-elle déclaré mardi, répondant aux préoccupations sur « la dette de la France » et alertant sur l’accroissement dangereux des intérêts à acquitter, rapporte TopTribune.
L’ancienne ministre des Comptes publics, invitée du journal télévisé de France 2, a insisté sur le fait que « la Cour des comptes alerte depuis des mois, des années, pour dire qu’il nous faut choisir ». Dans un contexte où le gouvernement de Sébastien Lecornu doit présenter son projet de budget pour 2027 ce jeudi, elle a prévenu que cela nécessiterait l’intervention du Parlement pour parvenir à un compromis, à moins de sept mois de la présidentielle.
Des intérêts autour des 80 milliards d’euros
« On ne peut pas attendre que […] l’équilibre se fasse tout seul », a-t-elle soutenu. Amélie de Montchalin a ajouté, « combien ça nous coûte chaque année de payer pour qu’on nous prête de l’argent ? Ces intérêts, dès maintenant, ils nous coûtent 80 milliards d’euros ». Ce constat alarmant souligne la pression croissante sur les finances publiques.
Le ministère de l’Économie a confirmé que pour 2026, la charge des intérêts de la totalité de la dette publique, englobant l’État, les collectivités et la Sécurité sociale, s’élève à 79 milliards d’euros, tandis que la part relative à la dette de l’État est de 65 milliards d’euros. Selon Montchalin, ces charges représentent « autant de politiques publiques, d’investissements, d’écoles qu’on ne rénove pas, d’efforts de défense qu’on ne fait pas ».
Un nouvel outil numérique de la Cour des comptes
Dans son appel à la classe politique, elle a exhorté à « faire des choix » et à les maintenir dans la durée, déclarant que « la crise » est évitable, « à la seule condition » que le débat parlementaire à venir sur le budget soit clair et accessible, plutôt qu’une « bataille de chiffres incompréhensible » pour les Français. Elle a également encouragé les citoyens à consulter les récentes publications de la Cour des comptes, qui a lancé un nouvel outil numérique intitulé « Qu’en dit la Cour ? ».