Pollution plastique aux Seychelles : un enjeu environnemental et économique majeur
Aux Seychelles, des tonnes de déchets plastiques et d’engins de pêche s’échouent sur les plages, menaçant des écosystèmes fragiles et affectant gravement l’économie locale. Selon une étude menée par les chercheurs Alex Albinski et Noam Vogt-Vincent de l’Université d’Oxford, les rivages de l’atoll d’Aldabra, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, ont accumulé plus de 500 tonnes de plastique. Le coût du nettoyage des plages de cette région serait d’environ 4,68 millions de dollars américains, nécessitant 18 000 heures de travail, rapporte TopTribune.
Les petits États insulaires sont particulièrement vulnérables à la pollution par le plastique. Les déchets accumulés peuvent nuire au tourisme et à la pêche, deux secteurs cruciaux pour l’économie locale. Le nettoyage représente souvent un coût prohibitif pour ces nations, d’autant plus que des espèces marines sont fréquemment piégées ou ingèrent ces déchets, entraînant des conséquences désastreuses pour la biodiversité marine.
Les chercheurs ont mené une étude sur l’origine de cette pollution, révélant que la plupart des déchets proviennent de navires circulant dans les eaux seychelloises ou à proximité. Ce constat remet en question l’idée que les déchets plastiques échoués sur les îles dérivent principalement de côtes lointaines. Grâce à une analyse des données de suivi par satellite de 2018 à 2022, ils ont pu estimer l’activité des navires de pêche et de commerce dans la région. Les navires de pêche perdent fréquemment des filets et d’autres équipements, tandis que les navires de commerce rejettent illégalement des déchets en mer.
Les implications pour les eaux seychelloises
Les résultats de l’étude montrent que la plupart des engins de pêche trouvés sur les plages des Seychelles proviennent de navires opérant dans la zone économique exclusive (ZEE) des Seychelles, qui s’étend jusqu’à 200 milles marins des côtes. Cette zone est essentielle pour l’État sérepublicain car elle regorge de ressources halieutiques, notamment de thons, et soutient une partie significative de l’économie nationale.
Une partie des déchets plastiques et des engins de pêche a des liens directs avec les navires européens, notamment les senneurs et les palangriers, opérant sous un accord de pêche entre l’Union européenne et les Seychelles. Récemment, un rapport a révélé que 76 % des dispositifs de concentration de poissons utilisés par les thoniers dans les eaux seychelloises sont détenus par des armateurs espagnols. Ils contribuent à une exploitation lucrative tout en provoquant des dégâts environnementaux considérables.
Ce renouvellement de l’accord de pêche pour la période 2026-2030, d’un montant annuel de 5,75 millions d’euros, ne semble pas refléter les dommages causés. Le gouvernement seychellois a demandé une augmentation de 30 % de cette contribution, bien qu’il n’ait obtenu que 7 %, selon certaines sources. Le coût du nettoyage de certaines îles peut atteindre des millions, ce qui laisse penser que l’accord pêché avec l’Union européenne est peu en regard des impacts réels subis par le pays.
Vers des solutions viables
Le transport maritime international constitue également un défi. Plus de 90 % des déchets plastiques des routes maritimes s’échouant sur les côtes seychelloises proviennent de cinq principales routes de navigation. Pour atténuer cette pollution, des efforts de coopération internationale seraient nécessaires pour appliquer strictement les règles interdisant le déversement de déchets en mer. Les Seychelles pourraient bénéficier de partenariats bilatéraux plus robustes avec les pays d’origine des navires traversant ces routes.
D’autres initiatives, même simples, pourraient réduire la quantité de déchets. Par exemple, garantir que les navires aient suffisamment d’eau potable pour limiter l’utilisation de bouteilles en plastique pourrait contribuer à diminuer le volume de déchets sur les plages. Le véritable coût du nettoyage de cette pollution plastique est généralement pris en charge par des nations telles que les Seychelles, qui continuent d’évaluer les dégâts causés par cette pollution massive.
Pour l’avenir, il est crucial que les Seychelles adressent ces enjeux et examinent les accords environnementaux à l’aune des réalités économiques locales afin de mieux protéger leur précieuse biodiversité marine et d’assurer la durabilité de leurs ressources naturelles.
