
À 37 ans, Geoffroy travaille en Suisse tout en vivant dans son camping-car, stationné sur un parking aux Fourgs, dans le Doubs. Ce choix a été motivé par une réalité évidente : il lui est impossible de s’acquitter des loyers pratiqués en France, près de la frontière suisse, rapporte TopTribune.
Auparavant boulanger, Geoffroy a quitté la région parisienne en raison du coût de la vie élevé, espérant trouver de meilleures opportunités de l’autre côté de la frontière. Au 28 septembre 2026, il continue de rechercher un emploi stable en Suisse.
En attendant, il a su organiser son quotidien administratif : création d’une adresse, ouverture d’un compte bancaire en Suisse, et rapatriement de sa voiture. « J’ai pris soin de me créer une adresse, d’ouvrir un compte en Suisse, de rapporter ma voiture. Je me suis organisé pour être prêt à travailler et être autonome », confie-t-il lors d’un entretien avec France 3.
Dans son camping-car, il partage son quotidien avec sa chienne. Les journalistes ont eu l’opportunité de découvrir son espace de vie, qui comprend une cuisine équipée, une salle de bain, une chambre et un réfrigérateur. « Voici ma petite maison, où tout le confort nécessaire est présent, comme dans un domicile classique », explique-t-il. Ce mode de vie, selon lui, est temporaire ; dès qu’il obtiendra un emploi stable, il prévoit de s’installer définitivement en Suisse.
Geoffroy n’est pas une exception. Pablo, serveur, réside également dans un camping-car proche de la frontière, profitant ainsi de l’intimité d’un chez-soi tout en ayant la liberté de voyager durant ses jours de repos.
Aux Fourgs, la mairie prépare dix emplacements à 400 euros par mois
Le maire des Fourgs, Roger Belot, se penche sur l’organisation de cette nouvelle forme d’habitat pour les frontaliers. D’ici mars 2027, la commune envisage d’aménager un terrain spécialement dédié aux logements mobiles, propice à des conditions de vie améliorées pour leurs habitants. Cet aménagement nécessite un investissement de 180 000 euros.
Dix emplacements pour camping-cars seront accessibles à la location, avec un loyer mensuel de 400 euros. La municipalité s’engage à fournir de l’eau, de l’électricité et des installations sanitaires sur ce site. « Notre objectif est de travailler avec ces personnes et de les intégrer dans le village. Cela leur offrira plus de confort, même s’ils restent dans leurs véhicules. Nous allons embellir l’espace, leur fournir l’eau, l’électricité, et le système d’assainissement. Il est essentiel qu’ils se sentent chez eux », souligne l’édile.
Ce projet reflète une demande croissante en logements accessibles à proximité de la frontière. Travailler en Suisse attire un grand nombre de Français, séduits par des salaires plus élevés et un faible taux de chômage. Beaucoup renoncent à leur train-train quotidien pour se lancer dans cette aventure transfrontalière, malgré les embouteillages parfois très matinaux et la flambée des loyers à l’approche de la frontière.
Pour sa part, Geoffroy persiste dans sa quête d’un travail stable en Suisse, toujours accompagné de sa chienne dans leur camping-car stationné aux Fourgs.
