Menace de coupure des exportations de diesel américain : un impact imminent sur l’Europe
Donald Trump a menacé de suspendre les exportations de diesel vers l’Europe alors que les prix des carburants atteignent des sommets historiques. En France, le prix du litre s’élevait à 2,39 euros en moyenne le 29 septembre 2026, rapporte TopTribune. Cette situation soulève des questions sur les conséquences économiques, la faisabilité d’une telle décision ainsi que les calculs politiques sous-jacents.
L’Europe face à une crise de l’offre
La dépendance de l’Europe au diesel s’est façonnée au cours des deux dernières décennies. Le continent a favorisé la consommation de diesel tout en fermant plusieurs raffineries orientées vers l’essence. En août 2026, 50 % du diesel importé par l’Union européenne provenait des États-Unis, selon la Commission européenne.
« L’Europe est aujourd’hui en panne d’offre de diesel », déclare Philippe Charlez, expert en énergie. Les sources traditionnelles fournissant du diesel sont désormais hors d’état de jouer. Les frappes ukrainiennes ont, selon Euronews, réduit d’au moins 17 % la capacité de raffinage du pétrole russe, tandis que le détroit d’Ormuz est toujours bloqué et le détroit de Bab el-Mandeb demeure instable. Cela a augmenté la dépendance des États-Unis, premier raffineur mondial, qui produit 20 % des produits raffinés.
Une hausse des prix attendue, pas une pénurie immédiate
Si la menace de Trump devenait réalité, les stations-service continueraient d’être approvisionnées, mais les prix pourraient grimper à un niveau tel que les consommateurs seraient contraints de se rationner. Philippe Charlez souligne que « la crise ne se traduira pas par une pénurie manifeste, mais par une augmentation des prix ». Les stocks stratégiques ne changeraient guère la donne, étant principalement constitués de pétrole brut et non de diesel raffiné, produit dont l’Europe a besoin.
Le fioul domestique étant dérivé du diesel, la situation risque de frapper encore plus durement les ménages français, surtout avec l’arrivée de l’hiver. « Le Français risque la double peine, sur ses transports, et sur son chauffage », prévient Charlez, qui anticipe une intensification des difficultés à partir de la mi-novembre.
Les motivations stratégiques de la Maison-Blanche
L’annonce de Trump pourrait suffire à faire bouger les lignes. Sur les marchés régionaux, notamment à Rotterdam pour l’Europe, une menace sur l’offre pourrait faire grimper les prix sans qu’aucune mesure concrète ne soit appliquée. Ainsi, une telle annonce pourrait avoir des répercussions significatives sur le marché international.
Pour Trump, ce serait un bénéfice à double tranchant à quelques semaines des élections de mi-mandat. En réduisant les exportations de diesel, cela pourrait faire baisser les prix aux États-Unis tout en permettant aux raffineurs de vendre à prix élevé à l’international, attirant ainsi des devises européennes.
Les États-Unis passeront-ils réellement à l’acte ? Ils ont sans aucun doute les moyens de contrôler le marché du diesel. Cependant, Philippe Charlez reste sceptique : « Je vois difficilement Trump bloquer les exportations des pétroliers américains. Ce n’est pas dans son état d’esprit, ni dans celui des Américains. »
