Accusation d’attaque hybride : l’Allemagne pointe la Russie après la découverte d’un drone explosif
Début août, un drone chargé d’explosifs a été découvert à l’aéroport de Leipzig, un hub logistique de l’OTAN pour l’Ukraine. Un mois plus tard, l’Allemagne a officiellement accusé la Russie d’une « attaque hybride ». En réponse, Berlin ferme un consulat russe et propose de nouvelles sanctions européennes, soutenues par la France et l’UE, rapporte TopTribune.
Si l’explosif sur ce drone n’avait pas dysfonctionné, l’Allemagne pourrait déplorer des victimes, voire des morts. Ce drone avait été intercepté près de plusieurs avions-cargos dans une zone sécurisée, quelques minutes avant qu’un second appareil ne percute un avion de la compagnie DHL. Selon des informations provenant de médias allemands, un troisième drone a été retrouvé dix jours plus tard à l’ouest du site, avec environ 50 grammes d’hexogène, un explosif militaire puissant, découvert sur place.
Berlin dénonce la Russie
Mardi 1er septembre, l’Allemagne a explicité ses accusations envers la Russie concernant cette « attaque hybride ». « Les enquêtes et les informations des services de renseignement mettent en évidence une responsabilité russe dans cette tentative d’attentat à l’aéroport de Leipzig », a déclaré Alexander Dobrindt.
Le ministre de l’Intérieur a précisé que les « méthodes observées » s’inscrivent « dans le schéma bien connu des opérations hybrides russes en Europe ». Il a noté que la configuration des drones et l’utilisation de divers explosifs rappellent d’autres opérations hybrides menées par la Russie dans le cadre de sa guerre contre l’Ukraine.
En conséquence, Berlin a décidé de fermer son dernier consulat russe à Bonn dans les deux prochaines semaines ainsi qu’un centre culturel russe à Berlin, soupçonné d’héberger des espions. La chancellerie allemande a également annoncé son intention de proposer d’ajouter de nouveaux ressortissants russes à la liste des sanctions de l’UE.
Réactions internationales et soutien à l’Allemagne
Les responsables de l’OTAN ont exprimé leur solidarité avec l’Allemagne, affirmant qu’ils protégeraient leurs membres « contre toute menace, y compris les actions néfastes comme celles survenues à Leipzig ». L’UE a qualifié les événements de « terrorisme soutenu par un État ».
De son côté, Emmanuel Macron a soutenu l’adoption de nouvelles sanctions européennes contre la Russie, dénonçant des « ingérences » croissantes en Europe. Paris a convoqué le chargé d’affaires russe pour émettre une « protestation très vive » face à cette « attaque hybride ». Jean-Noël Barrot a également annoncé que le gouvernement français proposerait de nouvelles sanctions contre des navires de la flotte fantôme.
L’Allemagne a établi la responsabilité de la Russie dans les graves incidents survenus à Leipzig début août. Ces attaques hybrides se multiplient en Europe. Elles ne peuvent rester sans réponse. La France est pleinement solidaire de l’Allemagne et soutient l’adoption de…
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) September 1, 2026
Ces mesures, en un front uni européen, suscitent l’agacement du Kremlin. Réagissant aux accusations, Vladimir Poutine a qualifié ces décisions d' »erreurs », contredisant les preuves fournies. « Cela va à l’encontre des intérêts du peuple allemand », a-t-il affirmé, une réaction qui ne semble convaincre personne.