La campagne présidentielle française s’intensifie alors que des candidats comme Gabriel Attal intensifient leurs efforts au cœur de l’été. À moins de huit mois de l’élection à l’Elysée, les politiciens se divisent entre stratégies de repos et tentatives d’accroître leur visibilité avant la rentrée, rapporte TopTribune.
Gabriel Attal, ancien Premier ministre, ne ménage pas ses efforts, enchaînant déplacements et déclarations, notamment pour critiquer la proposition de Jean-Luc Mélenchon d’incendier une partie de la dette publique. « C’est le seul candidat vraiment en campagne pendant la pause estivale. Cela dit l’état d’esprit de certains qui se voient déjà arrivés », a déclaré la députée Renaissance Prisca Thévenot. Elle a ajouté : « Est-ce que l’actualité s’arrête pendant l’été ? Les campagnes qu’on ne gagne pas sont celles qu’on ne mène pas. »
De son côté, Édouard Philippe, bien positionné dans les sondages, fait face à une baisse de cadence. Le député Horizons, Xavier Albertini, a souligné que « les Français ont besoin d’une respiration politique et d’autres préoccupations durant l’été. Trop de communication peut être contre-productif. » Philippe prévoit de rehausser son activité seulement à partir de la fin août, illustrant les différentes approches des candidats pour représenter le bloc central.
« Tout est une question de dosage »
Arnaud Mercier, chercheur associé au laboratoire CHUS de l’université catholique de l’Ouest, souligne que « les vacances compliquent la transmission des messages politiques, car les Français déconnectent. » Selon lui, le défi consiste à attirer l’attention sans paraître insistant. Attal a également lancé un « cahier de vacances » à vocation politique pour capter l’intérêt des électeurs pendant cette période délicate. Cette approche a été adoptée par d’autres candidats comme Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis.
D’innombrables initiatives originales émergent également, à l’instar de Marine Tondelier qui effectue une tournée de France en van électrique, tandis que François Ruffin fait campagne en auto-stop. Mercier note : « Les candidats utilisent l’été pour se démarquer par des actions innovantes et humoristiques afin d’exister médiatiquement. »
Ce phénomène est particulièrement présent à gauche, où la scène politique est fragmentée. Des candidats moins connus, comme le député socialiste Philippe Brun, tentent d’apparaître en première ligne, se préparant pour la primaire du Parti socialiste prévue début octobre. Brun a exprimé : « J’ai fait toutes les matinales de France, et campagne tout l’été. L’actualité ne s’arrête pas, et il y a une opportunité à saisir durant cette période. »
Arnaud Mercier conclut : « L’été peut offrir une occasion d’asseoir des fondations ou de gagner en visibilité pour les candidats émergents, mais cela n’est pas décisif pour la campagne présidentielle. »