Une étude remet en question la consommation excessive de protéines pour le vieillissement
Les produits enrichis en protéines, autrefois réservés aux sportifs, dominent désormais les rayons des supermarchés, allant des yaourts aux céréales. Cependant, une récente revue de littérature publiée le 31 juillet dans la revue Cell Press Blue nuance l’idée selon laquelle un apport accru en protéines garantirait à tous le maintien de la masse musculaire avec l’âge, rapporte TopTribune.
Des chercheurs de l’Université du Wisconsin-Madison ont examiné plus de 350 études concernant la restriction protéique et le vieillissement. Leurs conclusions ? De nombreuses personnes pourraient bénéficier davantage d’une consommation réduite de protéines, et un apport plus faible pourrait, dans certains cas, favoriser une longévité accrue. Les chercheurs ont évalué l’impact d’une diminution de l’apport protéique sur le processus de vieillissement, mettant en avant plusieurs mécanismes potentiels :
- une amélioration du métabolisme ;
- une modification de la réponse cellulaire aux nutriments ;
- une limitation des dommages cellulaires ;
- un meilleur maintien de leur fonctionnement normal.
Pas de remise en cause du besoin essentiel en protéines
Ces conclusions complètent d’autres études qui affirment qu’un apport accru en protéines peut favoriser la perte de poids et aider les personnes âgées à conserver leur masse musculaire, surtout lorsqu’il est associé à une activité physique.
En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) a défini un besoin nutritionnel en protéines pour les adultes en bonne santé à 0,83 g/kg/j, avec des besoins plus élevés pour certains groupes, notamment les personnes âgées. En 2016, elle a précisé que la part des protéines dans l’apport énergétique total quotidien devrait représenter 10 à 20 % pour les adultes.
« Il est absolument évident que les protéines sont bénéfiques pour le développement musculaire et la réponse à l’entraînement chez les personnes physiquement actives », souligne Dudley Lamming, auteur principal de l’étude. « Cependant, comme la plupart des gens sont relativement sédentaires, beaucoup consomment probablement plus de protéines qu’ils n’en ont réellement besoin, ce qui pourrait avoir des conséquences négatives sur leur santé. »
Des recommandations adaptées à l’âge et à l’activité physique
Une des explications réside dans l’hormone de croissance des fibroblastes 21 (FGF21), dont le niveau augmente lorsque l’apport protéique diminue. Cette hormone favorise la dépense énergétique, améliore la régulation de la glycémie et diminue l’inflammation. Des recherches sur des souris ont révélé que celles présentant des niveaux élevés de FGF21 avaient une espérance de vie prolongée, indique un communiqué de Cell Press Blue.
Les chercheurs ont également examiné divers acides aminés, composants des protéines. Les femmes enceintes et certaines personnes âgées affichent en effet des besoins nutritionnels supérieurs. Toutefois, pour beaucoup d’adultes sédentaires, les aliments riches en protéines ne semblent pas fournir les bienfaits pour la santé escomptés. Comment alors expliquer que les sportifs, qui consomment des quantités élevées de protéines, ne développent pas de maladies métaboliques ? L’activité physique pourrait jouer un rôle protecteur en orientant les protéines vers la construction et l’entretien de la masse musculaire.
« Les recommandations récentes incitent les gens à augmenter leur consommation de protéines tout en les encourageant aussi à pratiquer davantage d’exercice », souligne Dudley Lamming. « Il serait judicieux de personnaliser les recommandations en matière de protéines, en tenant compte non seulement de l’âge, mais également du niveau d’activité physique de chacun. »
Les résultats de cette étude suggèrent que les directives nutritionnelles sur les protéines seraient plus efficaces si elles prenaient en compte à la fois l’âge et le niveau d’activité physique, plutôt que d’appliquer une recommandation uniforme à l’ensemble de la population.