Face aux ingérences étrangères, les partis politiques français présentent leurs propositions à huit mois de la présidentielle

Face aux ingérences étrangères, les partis politiques français présentent leurs propositions à huit mois de la présidentielle

15.08.2026 07:56
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Alors que plusieurs candidats ont déjà été ciblés par des campagnes de désinformation attribuées à la Russie, les formations politiques avancent des réponses différentes, de la régulation des réseaux sociaux au renforcement des dispositifs existants, rapporte TopTribune.

Jean-Noël Barrot, chef de la diplomatie française, a prévenu, vendredi 7 août, que le gouvernement travaillait sur la question des ingérences étrangères, qui visent notamment des candidats à l’élection présidentielle de 2027. À huit mois du scrutin, trois prétendants déclarés ou pressentis à l’Élysée ont été ciblés par des campagnes de désinformation en ligne attribuées à la Russie : le président d’Horizons, Édouard Philippe, celui de Renaissance, Gabriel Attal, et le coprésident de Place publique, Raphaël Glucksmann. Pour y faire face, le gouvernement a présenté, fin juillet, un projet de loi en Conseil des ministres visant à renforcer la lutte contre les ingérences.

Le texte prévoit notamment de durcir la peine encourue pour la diffusion de fausses informations dans un contexte électoral, à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende, contre un an et 15 000 euros actuellement. Elle pourrait aller jusqu’à six ans de détention lorsque l’altération du scrutin a été réalisée « pour servir les intérêts d’une puissance, d’une entreprise ou d’une organisation étrangère ». Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a également annoncé début août qu’il souhaitait poursuivre, « à la rentrée », « un travail commun » avec l’ensemble des formations politiques. Franceinfo passe en revue les pistes avancées et les propositions des principaux partis.

LFI formule une dizaine de propositions

Le parti de Jean-Luc Mélenchon a, le 11 juin, envoyé 13 propositions à Matignon afin de trouver des solutions face à ces ingérences. Pour cause : en mars, lors des élections municipales, des candidats de La France insoumise ont été visés par une campagne de désinformation, comme François Piquemal à Toulouse ou David Guiraud à Roubaix. Sébastien Delogu, à Marseille, a notamment été faussement accusé de violences. LFI propose également de créer une « Haute Autorité électorale », chargée de coordonner les administrations compétentes en matière de protection des élections et de divulguer les ingérences étrangères.

Le parti veut aussi interdire le ciblage politique pendant la période électorale, afin que « la diffusion de messages politiques » ne puisse plus reposer « sur le profilage des données personnelles ». Pour la présidentielle de 2027, LFI propose aussi un code d’usage de l’intelligence artificielle, qui bannirait la création de faux contenus destinés « à promouvoir ou dénigrer des candidats ». Le mouvement souhaite également renforcer les effectifs de Viginum, le service chargé de la vigilance et de la protection contre les ingérences numériques étrangères, de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) et de la Cnil. Le parti souhaite inscrire les « ingérences étrangères » dans le Code pénal afin de les sanctionner. Les équipes de La France insoumise confirment, auprès de Franceinfo, que cette question fera l’objet des universités d’été du parti, du 20 au 23 août.

Place publique mise sur les textes européens

Cible d’une campagne de désinformation d’origine russe, Raphaël Glucksmann met en cause certaines plateformes étrangères. Le potentiel candidat dans la course à l’Élysée estime d’ailleurs que l’élection présidentielle « sera marquée par des ingérences massives » et accuse Vladimir Poutine de vouloir faire « basculer la France » pour obtenir « l’implosion du bloc européen ». Il a appelé, le 5 août, les autorités françaises et européennes à ne pas avoir « la main qui tremble ». Place publique affirme, auprès de Franceinfo, que des textes européens existent déjà, comme le Digital Services Act (DSA) et le Digital Markets Act (DMA), afin de protéger les partis politiques contre les ingérences.

Ces deux règlements phares de l’Union européenne permettent notamment d’encadrer les géants de la tech. Selon le chef de Place publique, toujours sur RTL, il faut que ces « grandes plateformes américaines et chinoises, en particulier X et TikTok, soient obligées de respecter les règles européennes » et sanctionnées si elles ne le font pas. « Ensuite, le gouvernement devra être ferme et complet sur ce qu’il prévoit dans le cadre de l’élection présidentielle », confirme l’un des proches de Raphaël Glucksmann, attendant les discussions avec l’exécutif prévues à la rentrée.

Les Ecologistes veulent durcir la régulation des réseaux sociaux

La patronne des Ecologistes, Marine Tondelier, candidate à la présidentielle, remet en question le rôle des réseaux sociaux dans ces ingérences, et notamment celui de X, détenu par Elon Musk. Dans un entretien à Libération le 5 août, elle estime que « menacer des plateformes (…) d’une interdiction pendant les élections [lui] semble nécessaire et qu’il faut appliquer cette sanction en cas d’ingérences constatées en amont ». Selon elle, l’algorithme de X constitue « une ingérence beaucoup plus forte dans la vie démocratique » en raison de son « impact beaucoup plus structurel, quotidien, de chaque minute dans la désinformation ».

Dans une réponse transmise à Franceinfo, le parti défend aussi l’application stricte du DSA. Il alerte aussi sur des opérations d’influence plus diffuses, destinées à accentuer les divisions de la société, et estime que la régulation des plateformes doit s’accompagner d’un renforcement de la presse et de l’audiovisuel public. Les Ecologistes proposent par ailleurs une loi contre la concentration des médias inspirée du modèle norvégien, qui interdit à un groupe de détenir plus de deux titres de presse nationale, et demandent au gouvernement de fixer une « ligne rouge » diplomatique aux États étrangers susceptibles de mener des opérations d’ingérence.

Le PS souhaite améliorer les dispositifs existants

Le Parti socialiste estime que la France dispose déjà d’un « arsenal juridique » complet pour lutter contre les ingérences étrangères, dans les domaines du renseignement comme de la répression judiciaire. « Des propositions sont toutefois en cours de préparation par le parti et ses groupes parlementaires, en réponse à la demande du Premier ministre », explique à Franceinfo Floran Vadillo, directeur général du parti. Elles devront notamment « ne pas déstabiliser le dispositif administratif et judiciaire » existant.

Le parti d’Olivier Faure souhaite également que les moyens de Viginum soient adaptés à « l’accroissement de la menace » étrangère. Le PS juge ainsi nécessaire de renforcer les dispositifs existants spécifiquement pour les périodes électorales, notamment en matière de détection et de répression judiciaire. Sur le plan diplomatique, Floran Vadillo considère que l’attribution publique d’une ingérence constitue déjà une forme de réponse, en permettant de mettre l’État responsable sous le regard de la communauté internationale.

Renaissance veut alerter et protéger les candidats

Renaissance, dont le secrétaire général Gabriel Attal a été visé par une opération d’ingérence par la Russie début août, s’attend à ce que ce type d’opérations « se multiplient » pendant la campagne présidentielle. Face à cette menace, le parti estime qu’il y a une nécessité d’alerter le public lorsqu’une ingérence est détectée, afin de permettre aux électeurs de faire la part des choses entre des informations vérifiées et de fausses informations. L’entourage de Gabriel Attal pointe également le problème de « l’anonymat sur les réseaux sociaux », qui selon lui facilite ces opérations.

Le parti veut aussi renforcer la protection technique des équipes de campagne. Il affirme notamment avoir quitté Telegram pour une application sécurisée développée en interne. Il soutient par ailleurs le projet de loi présenté par le gouvernement pour mieux lutter contre ce type d’ingérences, « dans la continuité du renforcement de Viginum engagé lorsque Gabriel Attal était Premier ministre ».

LR en faveur d’une meilleure dissuasion

Les Républicains ne jugent pas nécessaire de renforcer l’arsenal législatif. Contacté par Franceinfo, le parti considère que la France dispose déjà « d’une législation » et d’un service de détection, Viginum, « efficaces ». Pour lutter contre les ingérences étrangères, LR défend plutôt une France « forte économiquement, budgétairement, militairement », estimant que cela constitue le meilleur moyen de dissuader les autres États d’agir.

Le parti de Bruno Retailleau met également en cause la politique étrangère d’Emmanuel Macron, estimant que ses « variations diplomatiques » ont « affaibli la parole de

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