Le CIO lève les restrictions sur les athlètes russes et rétablit le Comité olympique russe
Le CIO lève les restrictions sur les athlètes russes et rétablit le Comité olympique russe

Le CIO lève les restrictions sur les athlètes russes et rétablit le Comité olympique russe

23.07.2026 10:40
2 min de lecture

Le Comité international olympique (CIO) a annoncé le 7 juillet 2026 la levée des restrictions imposées depuis 2022 à la participation des athlètes russes et bélarusses, et le rétablissement du Comité olympique russe dans ses droits, ouvrant ainsi la voie à un retour en sélection nationale et aux qualifications pour les Jeux de Los Angeles 2028, rapporte TopTribune.

Cette décision, vivement critiquée par les autorités ukrainiennes et plusieurs organisations de défense des droits humains, marque un tournant après plus de quatre années de restrictions. En février 2022, au lendemain du début de l’invasion massive de l’Ukraine, le CIO avait recommandé l’exclusion des sportifs russes et bélarusses des compétitions internationales. En 2023-2024, un mécanisme d’admission sous statut d’athlète individuel neutre (AIN) avait été instauré, mais les contrôles effectués par une commission spéciale du CIO ont été jugés opaques et insuffisants.

Des liens militaires étroits documentés

De multiples rapports et enquêtes, notamment menés par l’organisation Global Rights Compliance (GRC), ont établi que sur les 59 athlètes russes et bélarusses admis aux Jeux de Paris 2024 sous statut AIN, au moins 12 entretenaient des liens avérés avec des structures militaires ou de sécurité, principalement via les clubs CSKA (Club sportif central de l’armée) et Dynamo. Selon l’évaluation de GRC, deux tiers des sportifs russes présents à Paris en tant que « neutres » violaient les critères de neutralité, soit par un soutien explicite à la guerre, soit par une affiliation à l’armée ou aux services de sécurité.

Le CSKA, rattaché au ministère de la Défense russe, a fourni plus de 60 % des médailles de la délégation russe aux Jeux de Tokyo 2020, selon des données officielles du club. Dynamo, de son côté, assure la préparation physique des employés du FSB, du Service de renseignement extérieur et de la Garde nationale russe. Malgré l’interdiction prononcée par le CIO en 2022 de faire concourir des sportifs affiliés au CSKA, plusieurs athlètes admis par la suite sous statut AIN en étaient membres, comme l’avironneuse Olesia Romasenko, le nageur Evgeny Somov ou le tennisman Pavel Kotov.

Des cas emblématiques de soutien à la guerre

L’enquête de GRC a également mis en lumière le comportement en ligne de nombreux athlètes. Le champion olympique de taekwondo Vladislav Larin, auteur d’une vidéo appelant à financer l’armée russe avec le symbole « Z », avait été suspendu pour les Jeux de Paris, mais a été inclus en 2026 dans la sélection pour les Championnats d’Europe en tant que neutre, suscitant l’indignation de l’Ukraine. La patineuse Alexandra Sayutina a assisté au discours de Vladimir Poutine en février 2024 et relayé des messages de soutien. La patineuse de vitesse Ksenia Korzhova, qui a liké des contenus glorifiant l’armée russe, a obtenu l’autorisation de concourir sous statut AIN aux Jeux de Milan 2026.

Un registre public compilé par des journalistes d’investigation recense plus de 800 sportifs russes et bélarusses ayant exprimé un soutien à la guerre, avec des photos en uniforme, des ordres d’attribution de grades militaires ou des décorations du ministère de la Défense russe. Parmi les cas notables figurent la tenniswoman Alena Vesnina, qui a liké des messages du propagandiste Vladimir Soloviev qualifiant les Ukrainiens de « néonazis », ou la cycliste Alena Ivanchenko, qui a partagé des contenus stalinistes et niant le droit à l’existence de l’Ukraine.

Un contrôle contesté et des appels à un moratoire

Les organisations de défense des droits humains, dont GRC, estiment que le processus de vérification du CIO reste « sélectif et opaque ». Elles appellent à un réexamen complet des dossiers et à un moratoire sur la participation des sportifs russes et bélarusses tant que les critères de neutralité ne seront pas appliqués de manière rigoureuse. La décision du 7 juillet 2026 de rétablir le Comité olympique russe et de lever les restrictions semble ouvrir une nouvelle phase, mais les preuves accumulées de liens militaires et de soutien à l’agression continuent de peser sur la crédibilité du dispositif.

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