À l’université d’été du Parti socialiste,
Ce vendredi, à Blois, dans le Loir-et-Cher, le Parti socialiste a organisé sa traditionnelle université d’été, alors que la météo oscillait entre soleil intense et pluie. Dans ce contexte, le Premier secrétaire, Olivier Faure, a affirmé, lors de son arrivée sur le campus, que « le Parti socialiste a quelque chose à dire dans cette élection présidentielle et nous allons être la surprise », même si à huit mois du scrutin, le PS n’a toujours pas de candidat, rapporte TopTribune.
Le paradoxe Glucksmann
Une atmosphère particulière règne parmi les membres présents, certains évoquant une tension inhabituelle, comme à un Congrès. Le mouvement se prépare à une primaire qui se tiendra dans un peu plus d’un mois pour désigner son candidat. Quatre prétendants sont déjà en lice, mais un nom revient constamment : Raphaël Glucksmann. Celui-ci, leader de Place publique, émerge comme le candidat non-mélenchoniste le mieux placé dans les sondages. Néanmoins, un paradoxe émerge : malgré ses 11 à 17 % dans le dernier sondage Ifop, il devra participer à ce scrutin interne, une position qui n’est pas gagnée d’avance.
Lors de son intervention auprès du Medef ce jeudi, Glucksmann sera confronté à des figures connues de la scène politique : Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Gabriel Attal, ou Édouard Philippe. Cependant, il devra également se mesurer à des noms moins en vue, comme les députés PS Philippe Brun et Jérôme Guedj, ainsi que la revenante Ségolène Royal. Guillaume Garot, député socialiste de Mayenne, a déclaré : « Il y a une prise de risque, mais elle est nécessaire. Il faut aller chercher un soutien du PS par le vote. »
« Il entre dans un autre monde »
Bien que Glucksmann ait exprimé des réserves concernant la primaire, il devra maintenant naviguer dans les complexités internes du Parti socialiste. Un responsable du PS prévient que « ça ne sera pas un long fleuve tranquille » et qu’il devra affronter des figures redoutables du parti, mettant à l’épreuve son expérience politique. Romain Eskenazi, un député du Val-d’Oise, souligne que les véritables débats auront lieu, mais ajoute : « s’il gagne, on fera campagne pour lui ».
Le principal concurrent de Glucksmann sera Olivier Faure. De nombreux membres du PS estiment que la compétition ne sera pas simple. Un soutien de Faure a averti que ce dernier « n’est pas sous-estimé par ceux qui connaissent le parti », bien que son taux de popularité soit bas. Les doutes persistent concernant la candidature de Glucksmann, même parmi ses potentiels électeurs. Un militant a exprimé : « Pour l’instant, c’est un choix par défaut, un candidat faute de mieux. »
Hollande en embuscade
Raphaël Glucksmann a finalement rejoint Blois en fin de journée, accueilli par plusieurs figures importantes du PS, dont la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, et le président des députés socialistes, Boris Vallaud. Alors qu’il tenait un point presse, il a été interrompu par l’arrivée inattendue d’Olivier Faure, qui a rappelé qu’il reste un acteur clé. « Vous n’aurez pas de sang sur les murs », a promis Faure, tandis que Glucksmann affichait un sourire crispé.
Peu avant cela, François Hollande tenait une conférence de presse à proximité, augmentant les tensions en critiquant la primaire du PS. Il a souligné l’importance du nombre de participants lors de la primaire de 2011, laquelle pourrait donner une indication sur la dynamique actuelle. Malgré tout, même en cas de victoire à la primaire d’octobre, Glucksmann devra encore faire face aux figures emblématiques du PS.