Depuis mercredi, des dizaines de satellites d’observation de la Terre surveillent de près la région frontalière entre le Népal et le Tibet, suite à une crue violente et dévastatrice qui a touché des milliers de personnes. La charte internationale « Espace et Catastrophes majeures » a été activée par l’ONU, mobilisant les équipes du CNES à Toulouse pour fournir des images précises aux secours intervenant dans cette zone difficile d’accès. Cette opération se poursuivra pendant environ dix jours, rapporte TopTribune.
« Dès le déclenchement de la demande, les 17 agences spatiales et les 14 entreprises privées engagées dans la charte sont mises à contribution. Nous lançons notre boucle opérationnelle pour que les satellites prennent tout de suite des images de la zone où il y a eu la catastrophe. Nous avons des délais très courts », a déclaré Emilie Bronner, représentante du CNES au sein du secrétariat exécutif de la charte internationale. Elle a ajouté que des images de cette « flash flood » seraient collectées, jusqu’à 2 000 images documentant le parcours de la coulée de boue sur environ 100 kilomètres.
Des images avec une précision allant jusqu’à 30 cm
Les images sont désormais analysées par le SERTIT, un laboratoire à Strasbourg spécialisé dans la cartographie rapide. Grâce à la comparaison avec des images d’archives, il fournit une cartographie des dommages aux équipes humanitaires et aux organismes d’intervention, documentant les bâtiments détruits, les routes impraticables et les ponts coupés.
« Depuis l’espace, nous avons une vue très claire de ce qu’il s’est passé et de l’ampleur de la catastrophe. Dans cette zone escarpée, même par hélicoptère ou drone, identifier le nombre de sauveteurs et évaluer les besoins de reconstruction est crucial. Les satellites Français Pléiades et Pléiades Neo offrent une résolution d’image de 50 cm, parfois jusqu’à 30 cm, essentielle pour visualiser les bâtiments effondrés », a ajouté Emilie Bronner.
Des données pour les scientifiques qui veulent comprendre et anticiper une deuxième vague
Les scientifiques s’intéressent également à ces images. Ils ont demandé des images stéréo qui permettront d’évaluer combien de mètres cubes de glaciers se sont effondrés dans cette zone instable, redoutant une deuxième vague lors de la mousson. Depuis le début de l’année 2026, la charte internationale « Espace et Catastrophes majeures » a été activée 30 fois pour divers événements catastrophiques à travers le monde, un chiffre en constante augmentation, selon Emilie Bronner.