La possibilité de relier Sydney à Londres sans une seule escale, autrefois perçue comme un challenge aéronautique, est en passe de se concrétiser. En effet, Qantas projette de lancer en octobre 2027 une liaison directe reliant la côte est australienne à la capitale britannique. Ce vol, dont la durée est estimée entre 19 et 22 heures, pourrait devenir le trajet régulier sans escale le plus long au monde, rapporte TopTribune.
La future liaison de Qantas s’inscrit dans la tradition de la « Kangaroo Route », qui établit le lien aérien entre l’Australie et le Royaume-Uni. En 1947, voyager de l’Australie vers Londres nécessitait de multiples arrêts, mais avec l’évolution des technologies aéronautiques, ces escales ont progressivement été éliminées. Aujourd’hui, la compagnie se prépare à éliminer la dernière reste.
Gain de temps significatif
Pour les passagers, l’argument majeur est évident : diminuer le temps de voyage et éviter le stress des correspondances. Actuellement, le trajet Sydney-Londres implique souvent une escale en Asie ou au Moyen-Orient. Grâce à ce vol direct, Qantas promet une réduction du temps de vol de jusqu’à quatre heures par rapport aux itinéraires avec arrêts.
La distance totale s’annonce impressionnante, avec près de 17 000 kilomètres à parcourir. Cette liaison devrait dépasser le vol Singapour-New York de Singapore Airlines, considéré comme l’un des plus longs vols réguliers.
Les réservations devraient être ouvertes en février 2027, quelques mois avant le début des opérations. Après Londres, Qantas prévoit également d’établir une connexion directe entre Sydney et New York, un autre élément clé de son projet long-courrier connu sous le nom de Project Sunrise.
Un aéronef conçu pour les trajets ultra-longs
Pour assurer la faisabilité de ce trajet, Qantas opta pour des Airbus A350-1000ULR, spécialement rénovés pour des vols ultra-long-courriers. Ces appareils transporteront 238 passagers répartis sur quatre classes, un nombre inférieur aux avions long-courriers classiques, mais cela permet d’optimiser l’autonomie, le confort et la capacité de carburant.
La compagnie accorde une attention particulière à l’expérience des passagers. Le défi ne se limite pas à des aspects techniques, mais revêt également une dimension humaine. Supporter près de 22 heures à bord exige de repenser les repas, l’éclairage, le sommeil et les possibilités d’activités durant le voyage.
Dans cette optique, Qantas envisage un espace de bien-être dans l’avion, permettant aux passagers de se lever, de s’étirer et d’accéder facilement à des rafraîchissements. L’éclairage de la cabine sera minutieusement programmé pour suivre les cycles de repos, avec pour objectif de réduire les désagréments liés au décalage horaire.
Attractivité renforcée pour le tourisme australien
Cette nouvelle liaison pourrait également augmenter l’attrait de l’Australie pour les voyageurs européens. Bien que le trajet reste considérable, l’absence d’escales pourrait faciliter l’accès à cette destination, particulièrement pour ceux qui redoutent de longues attentes dans les aéroports ou de devoir effectuer des correspondances.
Qantas s’appuie également sur une tendance visible depuis ses vols directs entre Perth et diverses villes européennes, y compris Londres, Rome et Paris. Depuis 2018, la compagnie a annoncé avoir transporté plus de 1,7 million de passagers sur ses trajets long-courriers sans escale.
Une interrogation demeure : les passagers accepteront-ils de passer jusqu’à 22 heures consécutives dans un avion ? Qantas parie sur cette possibilité, à condition de garantir un niveau de confort adéquat. Pour la compagnie, ce vol symbolisera non seulement un record, mais également une nouvelle manière d’envisager les voyages entre l’Europe et l’Australie.