Un bilan décevant pour la consigne du verre en France
Près d’un an après le retour de la consigne du verre pour réemploi dans les supermarchés, l’ONG Zero Waste a exprimé de vives critiques concernant la mise en œuvre jugée insuffisante par les industriels, distributeurs et l’éco-organisme Citeo. Dans une étude publiée récemment, Zero Waste a fait état d’un nombre de magasins participants bien en deçà des attentes initiales. Alors que le directeur général de Citeo, Jean Hornain, avait promis 80 magasins au lancement et visé 750 avant la fin de l’année 2025, le dispositif « ReUse » ne regroupe actuellement que 350 magasins, rapporte TopTribune.
Ce bilan montre une mise en œuvre jugée « insuffisamment ambitieuse » par l’ONG, qui met en lumière le faible nombre d’initiatives concrètes entreprises par les acteurs concernés, y compris l’éco-organisme Citeo, qui est financé par des entreprises pour réduire les déchets. La participation à ce programme vise à encourager les consommateurs à retourner leurs emballages vides pour lavage et réemploi, avec un remboursement de la consigne. Cette initiative a pour objectif d’étendre le réemploi des emballages à l’échelle nationale, alors que la France affiche un important retard dans ce domaine.
Un objectif de 10% de réemploi d’ici 2027
Actuellement, moins de 2 % des emballages sont réemployés, selon le réseau Vrac et Réemploi. La loi Agec (antigaspillage économie circulaire) vise un objectif de 10 % de réemploi d’emballages d’ici 2027. En plus du nombre limité de magasins participants, Zero Waste souligne le faible assortiment de produits réemployables disponibles en rayons, avec une moyenne de seulement neuf références par magasin, bien en dessous des attentes initiales de Citeo qui anticipait plusieurs dizaines de produits. De plus, l’ONG a observé des écarts de prix significatifs entre les produits réemployables, ces derniers coûtant parfois « jusqu’à trois fois plus cher » que leurs équivalents jetables, sans prendre en compte le montant de la consigne.
Un manque d’information et de visibilité concernant les machines de déconsignation a également été signalé par les consommateurs. Bertrand Swiderski, directeur RSE chez Carrefour, a admis lors d’une interview que l’initiative n’a pas encore atteint sa « vitesse de croisière » et qu’il reste des leçons à tirer. D’après les données fournies par Zero Waste, seulement 8,3 % des magasins Carrefour participent à l’opération, bien que ReUse ne soit qu’une des huit initiatives menées par le groupe dans environ 20 % de ses magasins à l’échelle nationale. Swiderski reste optimiste, convaincu que ces initiatives finiront par « converger » vers des solutions efficaces.
Une évolution encourageante mais encore lente
À l’heure actuelle, le futur de la consigne et du réemploi des emballages en France paraît incertain, les acteurs impliqués dans l’initiative « ReUse » devant redoubler d’efforts pour atteindre les objectifs fixés par la loi. Alors que les enjeux environnementaux deviennent de plus en plus pressants, la réussite de ce système dépendra de la capacité des distributeurs et des industriels à mobiliser des ressources, à améliorer l’accessibilité des produits réemployables et à établir des mécanismes transparents de retour des emballages.
En attendant, la situation est surveillée de près et Citeo a annoncé qu’elle ne fera pas de commentaires supplémentaires pour le moment, mais elle a promis un bilan détaillé à la fin de juin, qui sera fondé sur des données consolidées sur une période de douze mois.
Les progrès dans le domaine du réemploi des emballages nécessiteront des efforts conjoints de la part des acteurs privés et publics, notamment à travers des campagnes de sensibilisation à destination des consommateurs, afin de leur faire comprendre l’importance de leur engagement dans la réduction des déchets. Ce type d’initiative pourrait marquer une étape importante dans la transition vers une économie circulaire en France, promouvant ainsi des pratiques plus durables pour les générations à venir.