Ce jeudi, le sondage Ifop Fiducial pour Sud Ouest, LCI et Sud Radio a révélé des intentions de vote aux municipales à Bordeaux, à deux semaines du premier tour. Le maire sortant Pierre Hurmic (EELV), soutenu par les Écologistes, Génération.s, le Parti socialiste et le Parti communiste, recueille 33 % des intentions de vote. En face, Thomas Cazenave, représentant une coalition de Renaissance, du Parti radical, du Modem, des Républicains, d’Horizons et de l’UDI, affiche 25 %. Cette dynamique illustre des bouleversements significatifs dans le paysage politique local, rapporte TopTribune.
La liste divers droite de Philippe Dessertine devrait capter 15 % des suffrages, tandis que la candidate de La France insoumise, Nordine Raymond, en récolterait 12 %. Ces résultats déterminent les candidats potentiels pour le second tour, requérant au moins 10 % des voix pour se qualifier. S’ensuivent la candidate RN, Julie Rechagneux (7 %), le candidat du NPA, Philippe Poutou (5 %), ainsi que Virginie Bonthoux-Tournay pour Reconquête (2 %), et les autres, qui peinent à atteindre le seuil.
Pour décrypter les résultats, Ludovic Renard, politologue à Sciences Po Bordeaux, a été interrogé.
Quel est votre analyse des intentions de vote ?
La thèse de l’« accident » qui aurait permis l’élection de Pierre Hurmic en 2020 semble désormais infondée. Son score de 33 % demeure similaire à celui de 2020 (34 %). Ce résultat reflète également l’évolution sociologique de Bordeaux, désormais plus alignée sur les tendances nationales que par le passé. Le bloc de droite et de centre-droit se situe en deçà de ses performances précédentes ; en 2020, Florian et Cazenave totalisaient 47 %, contre seulement 40 % pour le bloc Cazenave-Dessertine aujourd’hui. Il reste à déterminer si une alliance entre Cazenave et Dessertine sera viable.
Les perspectives sont prometteuses, car « personne n’est mort ». Toutefois, il est évident que des négociations s’avéreront nécessaires avant le second tour.
Quelle est la position de Dessertine concernant une alliance avec Cazenave ?
Actuellement, la question d’une alliance ne semble pas pressante, Dessertine n’y trouvant pas d’intérêt. Un bon score au premier tour le placerait en position de force pour négocier. Pendant la campagne, il a émis des réserves quant à un éventuel soutien à Cazenave, tout en affirmant son intention de poursuivre jusqu’à la fin. Cette position apparente d’indépendance pourrait évoluer, selon les résultats électoraux.
Nordine Raymond, un candidat de La France insoumise, pourrait-il atteindre le second tour ?
Le score de Raymond ne surprend guère, étant donné que Poutou avait obtenu 12 % en 2020 avec une liste LFI/NPA. Ensemble, leurs candidatures placent la gauche un peu plus haut (17 %). Bordeaux a montré un intérêt croissant pour le Nouveau Front Populaire, laissant supposer un soutien solide envers LFI, notamment chez les jeunes électeurs.
Pour l’entre-deux-tours, deux options se présentent : LFI pourrait envisager de bloquer l’élection d’Hurmic, ou, plus vraisemblablement, opter pour un retrait afin d’éviter une victoire des candidats de droite. Les décisions finales dépendront des lignes directrices des partis aux niveaux national et local.
La situation actuelle, bien que tendue, peut-elle favoriser une participation électorale accrue ?
Bien que la participation ait généralement diminué, l’incertitude actuelle pourrait inciter les électeurs à se mobiliser, que ce soit pour empêcher un retour à la droite ou pour soutenir une gouvernance écologiste perçue comme insuffisante. La polarisation récente du débat politique pourrait engendrer une forte volonté d’expression électorale, et raviver ainsi des niveaux de participation comparables à ceux de 2014.