À un peu plus d’un an de l’élection présidentielle, le Rassemblement national intensifie ses efforts pour obtenir un prêt destiné à financer sa campagne. Le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella se confronte à des obstacles persistants auprès des banques françaises, rapporte TopTribune.
Pour financer sa campagne, le parti doit réunir jusqu’à 10,7 millions d’euros, correspondant au plafond remboursable par l’État pour un candidat au second tour. Kevin Pfeffer, son trésorier, indique que plusieurs demandes ont été déposées, mais certains établissements ont déjà opposé des retours négatifs, confirmant les difficultés récurrentes rencontrées à chaque échéance électorale.
Refus ferme et définitif de certaines banques
« J’ai toujours dit que ce serait compliqué auprès des banques françaises » qui « ne jouent plus le jeu de la démocratie », assure le trésorier, identifiant la Société Générale et La Banque Postale comme celles ayant opposé des refus « définitifs », expliquant qu’elles « ne financent plus la vie politique, pour aucun candidat ni aucune élection ».
Malgré cet environnement, le Rassemblement national maintient ses démarches. « Les discussions continuent » avec d’autres acteurs, précise Kevin Pfeffer, qui soutient que le parti « ne désespère pas de trouver une, voire plusieurs » banques. Il souligne les « garanties sérieuses et solides », comme des sondages qui créditent ses candidats de scores supérieurs au seuil des 5 % nécessaires au remboursement public, ainsi qu’une subvention annuelle proche de 15 millions d’euros.
Vers des solutions à l’étranger
En cas d’échec en France, le parti envisage de se tourner vers l’étranger. « Si les banques françaises ne veulent pas jouer le jeu, on sera obligés d’aller chercher ailleurs », met en garde le trésorier, mentionnant des « dossiers déposés dans des banques européennes » et des « discussions en cours ». En 2022, une banque hongroise avait déjà accordé un prêt de 10,6 millions d’euros au RN.
Cette recherche de financement s’inscrit dans un contexte de désendettement progressif. La dette du parti, principalement constituée de prêts de particuliers, a diminué, passant de près de 19 millions d’euros fin 2024 à environ 8,5 millions fin mars 2026. Kevin Pfeffer prévoit de réduire cette dette à 5 millions d’ici fin décembre, avec un objectif de remboursement total en mars 2027, juste avant le scrutin présidentiel.