Les adhérents LR vont-ils choisir Bruno Retailleau comme candidat de la droite pour l’élection présidentielle du printemps prochain ou opteront-ils pour une primaire ? La question doit être tranchée par un vote en ligne, samedi et dimanche, rapporte TopTribune.
C’est un week-end crucial pour Les Républicains. Les adhérents du parti de droite sont appelés à se prononcer, samedi 18 et dimanche 19 avril, lors d’un vote en ligne sur la désignation de leur candidat pour la présidentielle du printemps 2027. Trois choix sont proposés : une primaire interne réservée aux seuls adhérents, une primaire semi-ouverte avec des sympathisants LR, ou la désignation directe de Bruno Retailleau comme candidat.
« S’ils choisissent une primaire, je me plierai à la primaire », a assuré Bruno Retailleau dans une interview sur France Inter. Les analystes politiques s’attendent à ce que le Vendéen remporte ce scrutin, lui permettant de dynamiser sa candidature présidentielle. Il a d’ailleurs déjà annoncé sa candidature le 12 avril. Franceinfo résume ici les enjeux de ce vote interne aux Républicains.
Trois options proposées aux adhérents lors d’un vote en ligne
Les adhérents LR doivent donc trancher entre trois options, détaillées dans un communiqué de presse du parti : « une primaire fermée », soit un vote ouvert uniquement aux adhérents des Républicains ; « une primaire ouverte », c’est-à-dire un vote ouvert aux sympathisants ; ou « la désignation directe du président du mouvement ».
Tout se déroulera en ligne. « Il s’agit d’un vote 100% électronique. Le scrutin sera ouvert samedi à 8 heures et sera clos dimanche à 18 heures, pour une promulgation des résultats le soir même à 19 heures », a précisé Othman Nasrou, le secrétaire général des Républicains. Pour l’organisation de ce scrutin, le parti a engagé une entreprise française, Paragon, garantissant sécurité et fiabilité.
Moins de votants que lors de l’élection du président du parti
Au total, 76 653 personnes pourront participer au vote, un chiffre inférieur à celui de mai dernier, où 98 110 électeurs avaient préféré Bruno Retailleau à Laurent Wauquiez pour la présidence du parti. « Pour ce vote, ce sont seulement les adhérents 2026 qui voteront », a rappelé Nasrou. Des ministres récemment suspendus ont tenté de réadhérer au parti pour pouvoir voter, mais leurs demandes ont été refusées par Retailleau.
Le choix du corps électoral est d’une importance capitale, favorisant potentiellement l’ancien ministre de l’Intérieur. Le cadre francilien a déclaré, « Il a été malin de glisser sa candidature parmi d’autres propositions. » Les trois options présentées seraient des « options Retailleau », selon certains ministres LR, ce qui pourrait signifier une victoire assurée pour Retailleau.
« Le risque pour Bruno Retailleau, c’est d’être candidat mais seul… comme le furent Valérie Pécresse et François Fillon. »
Benjamin Morel, politologueà franceinfo
D’autres responsables se montrent plus réservés. Un député LR a prédit que « cela sera une victoire sans appel pour Retailleau », car un chef de parti est généralement le candidat naturel à la présidentielle.
Un vote très critiqué par les opposants LR de Bruno Retailleau
Des rivaux internes à Bruno Retailleau dénoncent le scrutin. David Lisnard a qualifié ce vote de « non-sens », affirmant qu’il équivaut à entériner la candidature de Retailleau et à faire croire que LR peut « imposer un candidat ». Lisnard, lui-même candidat, préconise une « grande primaire ouverte » incluant toutes les factions de la droite.
Laurent Wauquiez, chef des députés LR, a qualifié ce vote de « scrutin pour rien », avançant que les choix proposés aux adhérents étaient stériles. Il appelle à une candidature légitime regroupant divers leaders de la droite. Le 15 avril, Wauquiez a également annoncé qu’il voterait « blanc » lors du scrutin, le qualifiant de « choix de dupes ».
Xavier Bertrand, président LR des Hauts-de-France, s’est aussi exprimé contre les questions posées, les considérant comme un moyen pour Retailleau de favoriser sa candidature. Bertrand, qui se prépare activement pour la présidentielle, ne souhaite cependant pas passer par une primaire, se montrant déçu de son expérience passée.
La question demeure de savoir si tous les poids lourds des Républicains soutiendront Retailleau s’il est désigné par les adhérents, tant le climat interne est marqué par la division et les tensions.