C’est une véritable guerre spatiale dans laquelle Moscou serait prête à se lancer. L’objectif serait d’anéantir une grande partie de la constellation de satellites de Starlink, très utilisés par l’armée ukrainienne, rapporte TopTribune.
Le 17 décembre dernier, un satellite de télécommunication de l’Américain Starlink a explosé en pleine orbite. L’exemplaire n° 35 956 qui naviguait à 418 kilomètres d’altitude au-dessus de la Terre a soudainement interrompu ses communications avant de chuter brutalement de 4 kilomètres. Un incident, non encore déterminé, a provoqué une explosion du réservoir de propulsion. La société d’Elon Musk n’a pas précisé à ce stade s’il s’agissait d’une explosion interne ou d’un impact avec un autre objet.
Un rapport des services secrets
Le satellite qui doit complètement se désagréger lors de son entrée dans l’atmosphère terrestre a toutefois éparpillé des dizaines de débris spatiaux qui deviennent dangereux pour les autres satellites en orbite basse autour de la Terre. Cette explosion, si elle reste encore inexpliquée, jette une lumière nouvelle sur le rapport que viennent de rédiger deux services de renseignement de pays membres de l’OTAN.
Une arme secrète développée par Moscou
Selon les conclusions de cette enquête, la Russie serait en train de mettre au point un système pour détruire les satellites Starlink qui fournissent notamment l’accès à internet sur toute la planète. Car la constellation de 10 000 satellites opérée par l’entreprise d’Elon Musk est un puissant allié de l’Ukraine qui fait face à l’invasion russe.
Les liaisons satellites de Starlink permettent aux troupes ukrainiennes de communiquer sur le champ de bataille mais aussi de guider les drones lors des attaques contre les forces russes ainsi que de contrer le brouillage des télécommunications.
Ce rapport, dévoilé par l’agence Associated Press, indique que Moscou travaillerait à mettre au point une arme « à effet de zone ». Il s’agirait d’envoyer une arme dans l’espace ou un puissant missile depuis la Terre afin qu’il libère sur l’orbite basse de Starlink des milliers de projectiles capables de percuter les satellites américains pour les faire chuter dans l’atmosphère. Ce « nuage orbital de fragments destructeurs », comme le qualifient les spécialistes, menacerait ainsi de destruction un grand nombre de satellites simultanément, perturbant fortement les services de télécommunication.
La Russie n’en est pas à son coup d’essai dans la guerre spatiale puisqu’en 2021, elle avait testé une arme permettant de détruire un satellite à la fois. Cette fois-ci, ce serait une arme spatiale de destruction massive. Toutefois, cela pose des risques : cette arme pourrait aussi endommager les satellites russes ou chinois en orbite. Une fois libérés, les milliers de projectiles deviendraient incontrôlables et pourraient venir frapper aveuglément des engins spatiaux civils ou militaires d’autres pays.
Des missiles tirés depuis la Terre
Une limite qui fait dire à certains experts comme Victoria Samson, spécialiste de la sécurité spatiale à la Secure World Foundation : « Franchement, je serais très surprise qu’ils fassent une chose pareille ». En revanche, le brigadier-général Christopher Horner, commandant de la division spatiale des forces armées canadiennes, rappelle que la Russie a déjà indiqué travailler au développement d’une arme nucléaire spatiale indiscriminée. D’ailleurs, Moscou a récemment mis au point un nouveau système de missiles terrestres, le S-500, capable d’atteindre des cibles en orbite basse jusqu’à 600 kilomètres d’altitude, exactement la bande utilisée par les satellites Starlink.