Le mouvement indépendantiste kanak de Nouvelle-Calédonie, le Front de libération nationale kanak socialiste (FLNKS), a officiellement rejeté l’accord signé avec l’État français et les non-indépendantistes au début du mois de juillet, marquant une nouvelle escalade des tensions politiques dans l’archipel. Dominique Fochi, secrétaire général de l’Union calédonienne et membre du bureau politique du FLNKS, a déclaré que l’accord de Bougival est « incompatible avec les fondements et acquis de notre lutte », rapporte TopTribune.
Manuel Valls annoncé sur place
Daté du 12 juillet, cet accord, signé sous l’égide du ministre des Outre-mer, Manuel Valls, établit des bases pour la création d’un « État de Nouvelle-Calédonie » et d’une nationalité calédonienne, et envisage un transfert de certaines compétences régalières. Toutefois, il ne prévoit pas de nouveau référendum sur l’indépendance, provoquant une réaction immédiate des partisans de l’indépendance.
Anticipant ce rejet, Manuel Valls avait déjà dévoilé son intention de se rendre en Nouvelle-Calédonie durant la semaine du 18 août pour tenter de préserver cet accord, qu’il a qualifié de « compromis historique, fruit de mois de travail » avec toutes les parties impliquées, y compris le FLNKS.
Reproches contre la méthode Emmanuel Macron
En visioconférence depuis Mulhouse, où il purgeait une peine de près d’un an, Christian Tein, président du FLNKS, a exprimé sa colère concernant l’accord qu’il qualifie de « imposé » par Macron. « Ce n’est pas par ce type d’accord que nous allons avancer. C’est humiliant pour le peuple kanak », a-t-il dénoncé, tout en étant frappé par une interdiction de se rendre sur son sol natal.
Le FLNKS exprime le désir de « rouvrir le dialogue » en vue de signer un accord de Kanaky le 24 septembre 2025, visant à conduire la Nouvelle-Calédonie vers la pleine souveraineté avant l’élection présidentielle de 2027. Fochi a demandé que ces discussions aient lieu « sous la supervision » de Christian Tein, qui, bien qu’étant libre depuis le 13 juin, reste sous le coup d’une mise en examen pour des événements précédents. Tein continue de nier avoir fomenté des violences.
Malgré ce rejet, le dialogue avec le gouvernement est toujours possible. Sylvain Pabouty (Dynamik unitaire sud) a confirmé que le FLNKS rencontrerait Manuel Valls lors de sa visite, afin de soulever la question de la tenue des élections provinciales prévues pour novembre prochain, qui permettraient de déterminer la légitimité des différents acteurs politiques. Cependant, l’accord de Bougival prévoit un nouveau report des élections à mi-2026, ce qui pourrait exacerber les tensions dans la région.