La commission d’enquête sur l’audiovisuel public a voté lundi un rapport controversé préconisant des coupes budgétaires drastiques pour France Télévisions, suscitant des réactions vives des partis d’opposition. Le rapport, rédigé par Charles Alloncle (UDR), a été adopté par 12 voix contre 10, avec le soutien du Rassemblement National, tandis que la gauche a exprimé son désaccord et Renaissance ainsi que le MoDem se sont abstenus, rapporte TopTribune.
Ce rapport suggère des économies de plus d’un milliard d’euros, représentant un quart des financements gouvernementaux destinés à l’audiovisuel public. Le ton et la présentation de Charles Alloncle ont également été critiqués pour leur caractère accusatoire.
Accusations de politisation
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a accusé la commission d’enquête d’être utilisée « à des fins politiques » par son rapporteur, Alloncle, qui aurait ainsi propulsé les idées du Rassemblement National et d’Éric Ciotti. Bregeon a dénoncé cela comme une tentative de « destruction de l’audiovisuel public », tout en critiquant le « comportement de Charles Alloncle » et ses « méthodes détestables ».
Le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), a souligné que le rapport Alloncle donnerait aux Français une vision claire des « méthodes de l’extrême droite » et a appelé à un jugement public sur les accusations graves formulées dans ce document. La dirigeante des Écologistes, Marine Tondelier, a quant à elle qualifié le rapport de « torchon truffé de contre-vérités » et a critiqué Alloncle, le qualifiant de « petit procureur » ambitieux.
Réactions diverses au sein de l’Assemblée
La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a salué le processus, notant que ces travaux avaient enfin un « aboutissement public », tout en indiquant qu’Alloncle avait peut-être « un peu trop brillé sous les projecteurs ».
Par ailleurs, des allégations de lobbying ont émergé, soulignant que Lagardère News aurait proposé des questions à poser aux témoins auditionnés. Charles Alloncle a réagi à cette révélation, qualifiant le lobbying de pratique ancienne, mais Jérémie Patrier-Leitus a affirmé que des « tentatives d’ingérence inédites » avaient été détectées dans le processus.