Vote crucial pour la métropole Aix-Marseille face à un déficit budgétaire de 123 millions d'euros

Vote crucial pour la métropole Aix-Marseille face à un déficit budgétaire de 123 millions d’euros

28.04.2026 10:07
2 min de lecture

Les 92 maires de la métropole Aix-Marseille-Provence se réunissent ce mardi pour discuter d’un déficit budgétaire de 123 millions d’euros, qui, s’il n’est pas résorbé, pourrait mener à une mise sous tutelle rare de l’État. Cette session est cruciale, avec une date butoir du 30 avril pour le vote du budget 2026 des collectivités, et la majorité des élus menace de ne pas voter, rapporte TopTribune.

La crise budgétaire soulève des préoccupations majeures pour la métropole, qui compte 1,8 million d’habitants. Les élus expriment leur colère face à une réduction continue des dotations de l’État, ayant perdu 120 millions d’euros en deux ans, insistant sur l’impossibilité d’équilibrer le budget, même si cela constitue une obligation légale.

« L’insoutenabilité » d’une baisse « continue » des dotations de l’État…

Ce déficit de 123 millions d’euros, dans un budget total de 4,8 milliards d’euros pour 2025, est, selon les maires, aggravé par des coûts de fonctionnement liés à l’augmentation de l’offre de transport, sans recettes compensatoires suffisantes.

Ce sujet est d’autant plus délicat dans un contexte où Marseille, dotée d’infrastructures vieillissantes, attend des investissements, comme ceux liés au plan « Marseille en grand » du président Macron, censés faciliter le développement des transports publics.

Pour résoudre ce déficit, l’institution réclame également un déplafonnement du versement mobilité, une taxe imposée aux entreprises.

Des pistes d’économies qui ne font pas consensus

Face au problème budgétaire, l’intercommunalité a proposé un « plan d’économie d’urgence » d’environ 30 millions d’euros, en supprimant certains événements, mais il reste encore 90 millions à combler.

Lors d’un déplacement à Marseille, le Premier ministre Sébastien Lecornu a admis la dureté des régulations budgétaires concernant les intercommunalités, en se tournant vers le Sénat pour de possibles révisions, souhaitant une approche différente pour l’année prochaine.

Parmi les économies possibles qui ont été évoquées, peu trouvent consensus : augmentation des tarifs de transport, hausse de la fiscalité ou réduction des aides aux associations sont en discussion.

Ni austérité, ni hausses d’impôts

Pour équilibrer le budget, le nouveau président de la métropole, Nicolas Isnard, a dénoncé le fait qu’on lui demande d’augmenter les impôts de près de 200 euros par foyer fiscal, une proposition qu’il juge inadmissible. Ce sentiment est partagé par le maire de Marseille, Benoît Payan, qui appelle à maintenir des services publics sans recourir à des hausses de taxes.

La menace de la mise sous tutelle

Un éventuel refus de vote ce mardi pourrait entraîner une intervention du préfet, qui demanderait à la chambre régionale des comptes de proposer un budget alternatif dans un délai d’un mois. Ce type de mise sous tutelle est rare, avec des précédents dans le département de la Charente et en Guadeloupe dans les années 1990.

Cette même chambre avait déjà critiqué les attributions de compensations qui privent la métropole de ressources financières significatives, freinant ainsi le développement d’équipements de grande envergure et la solidarité intercommunale. Fin 2024, un rapport sur « Marseille en Grand » avait souligné cette contrainte structurelle qui pèse sur le budget de l’intercommunalité à hauteur de 40 %.

Samia Ghali, récemment élue présidente de la Régie des Transports métropolitains, a également discuté des difficultés financières, espérant que sa gestion évitera les erreurs du passé. Elle s’est engagée à chercher des financements auprès de l’État, des collectivités et des entreprises.

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