Volodymyr Zelensky a exigé un « Starlink européen » alors que l’Union européenne mise sur IRIS2 pour renforcer sa souveraineté technologique. Cette constellation de satellites de communication ne sera déployée qu’à partir de 2029, contraignant le président ukrainien à chercher une alternative à court terme en attendant le projet européen, rapporte TopTribune.
« Nous n’allons pas nous contenter d’attendre que les Chinois et les Russes lancent leur propre équivalent de Starlink », a affirmé Volodymyr Zelensky dimanche 23 août. Le président ukrainien a ajouté que Kiev collaborait avec un pays européen dont le nom n’a pas été divulgué : « Nous travaillons aussi sur un autre projet européen. Nous avons commencé à le tester. » Cette déclaration met en lumière l’enjeu stratégique autour des constellations de satellites de communication, désormais essentielles sur le champ de bataille.
Depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, le conflit a souligné la dépendance de l’Ukraine vis-à-vis des capacités satellitaires étrangères, telles que celles de Starlink, le programme de SpaceX, dirigé par Elon Musk. Pour accroître son autonomie, l’Union européenne accélère son propre projet de souveraineté spatiale : IRIS2, une constellation de satellites sécurisés.
Starlink, le révélateur ukrainien
À l’aube du conflit, les satellites de communication n’étaient pas considérés comme des infrastructures militaires essentielles. Quatre ans plus tard, cette perception a nettement évolué. En Ukraine, le réseau Starlink a été crucial pour maintenir les communications lorsque les infrastructures terrestres ont été détruites, devenant un outil fondamental pour les forces ukrainiennes.
Cependant, cette efficacité a révélé une vulnérabilité : l’utilisation de Starlink en Ukraine a souvent été sujette à des restrictions ou à des négociations avec Washington, remettant ainsi en question l’indépendance de Kiev.
Pour l’Union européenne, ce constat alimente une réflexion plus profonde sur la souveraineté spatiale. Le programme IRIS2 a été officialisé en février 2022, juste avant l’invasion russe. La guerre a depuis conféré à cette constellation une dimension stratégique accrue.
IRIS2, une réponse européenne qui se fait attendre
Le 7 août dernier, la Commission européenne et le consortium SpaceRISE ont signé un accord pour entamer le déploiement du programme. La constellation comptera finalement 348 satellites, dont 330 en orbite basse et 18 en orbite moyenne. Les 66 satellites supplémentaires par rapport à la configuration initiale visent à renforcer les communications de défense, de sécurité et de secours.
Cependant, l’urgence militaire se heurte à un agenda industriel. Les premiers lancements ne sont prévu qu’en 2029, avec une mise en service initiale en 2030. Bruxelles présente l’accord conclu en août comme une « accélération » : les discussions avec SpaceRISE, débutées en janvier 2026, ont permis de faire avancer le projet vers son déploiement.
Une nouvelle course technologique
La quête d’alternatives à Starlink s’étend bien au-delà d’IRIS2. « Les Russes construisent un équivalent de Starlink avec les Chinois. Ils estiment que ce projet sera achevé d’ici décembre 2026 », a assuré le président ukrainien. Dans l’intervalle, les Européens peuvent se tourner vers OneWeb, la constellation en orbite basse d’Eutelsat, déjà opérationnelle et utilisée en Ukraine. Celle-ci pourrait potentiellement s’associer au projet européen mentionné par le président ukrainien, même si ce dernier n’a pas précisé le pays ou l’opérateur concernés. OneWeb apparaît donc comme l’une des solutions les plus fiables pour offrir à l’Ukraine une alternative à Starlink à court terme.