Au cœur de l’Assemblée nationale,
Une journée marquée par des échanges houleux a débuté avec un rare moment d’unité sur le lancement d’une commission d’enquête visant à examiner les violences, pillages et défaillances dans le maintien de l’ordre lors de la manifestation du 17 octobre. Toutefois, les tensions politiques ont rapidement refait surface. Le gouvernement et les représentants de La France insoumise (LFI) se sont livrés à un vif échange sur la responsabilité politique des événements survenus ce week-end, rapporte TopTribune.
« Le but de LFI, c’est le chaos »
Au-delà de la commission d’enquête, la Salle des Quatre Colonnes a été en émoi alors que Sylvain Maillard, député Renaissance de Paris, a accusé les Insoumis de vouloir instiller le chaos. « Le but des insoumis, c’est de vouloir le chaos, de soutenir le chaos », a-t-il déclaré. De son côté, Hadrien Clouet, député insoumis, a ciblé le ministre de l’Intérieur, affirmant que « c’est Laurent Nuñez, c’est son boulot, et il s’est montré défaillant ».
Face aux accusations du bloc central, la droite et le Rassemblement national ont reproché à LFI d’avoir exacerbé la violence. En réponse, Mélanie Thomin, députée socialeiste, a défendu les Insoumis, arguant que « certains au sein du gouvernement ont voulu faire porter la responsabilité à La France insoumise […] ce n’est pas la juste vérité ».
« C’est faux ! C’est faux ! »
Manuel Bompard, lors des questions au gouvernement, n’a pas cherché à poser des questions mais à éreinter le gouvernement, le qualifiant de « responsable d’un fiasco ». Il a dénoncé une manipulation des services de renseignement, en se référant à un article de Mediapart qui alléguait que le renseignement avait été instrumentalisé pour incriminer LFI. « Un scandale d’État », a-t-il fustigé.
Laurent Nuñez, répondant à ces accusations, a fermement rejeté les propos de Bompard, affirmant : « C’est faux ! Les services de renseignement ne travaillent pas sur les partis politiques ». En réaffirmant sa responsabilité tout en dénonçant le soutien apporté par LFI aux mouvements d’extrême gauche, il a exhorté Manuel Bompard à reconnaître son rôle dans les troubles.
« Vous êtes dangereux pour la démocratie »
La tension est montée un peu plus lorsque Mathilde Panot, députée insoumise, a accusé le gouvernement de fuir ses responsabilités. « Dix ans que vous êtes au pouvoir… vous n’êtes jamais responsable de rien », a-t-elle déclaré, en citant des commentaires du président LR du Sénat sur une possible interdiction de LFI.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a pris la parole pour dénoncer ce qu’il a qualifié de rhétorique visant à victimiser LFI. « Je ne cherche pas à vous interdire, je veux vous combattre dans les urnes ! » a-t-il promis, annonçant une rencontre avec les responsables de partis politiques prévue pour jeudi, sans garantie de la participation de LFI.
