Jean-François Marchais, un antiquaire de Poitiers, a récemment acquis une table en bois au centre d’Emmaüs de Châtellerault, pour la somme de 30 euros. Bien que ce meuble était affiché à 35 euros, il a réussi à négocier son achat en quelques billets. Ce qui semblait être une simple pièce a révélé son importance patrimoniale, appartenant au trésor royal français, rapporte TopTribune.
Cette découverte remonte à l’été 2025, mais il n’a concrétisé son achat qu’en janvier 2026. La table, d’inspiration Louis XVI, se distinguait par son design ovale et son élévation appréciable. Marchais a exprimé son enthousiasme en indiquant qu’elle était « pas mal, assez haute sur pied, avec un style opulent », dans une déclaration faite à un média local.
L’identification par les inscriptions cachées
En examinant le dessous du plateau, Marchais découvrit des inscriptions qui lui révélèrent la véritable nature de cette pièce. Les marquages « ML » et « GM » indiquaient que ce meuble était autrefois sous la responsabilité de l’administration des menus plaisirs du roi et du Garde-Meuble de la couronne. Cet antiquaire a expliqué que ces inscriptions témoignaient de l’origine royale de la table.
En réalité, cette table avait été fabriquée en 1821 pour le baptême du duc de Bordeaux, avant d’être intégrée au Garde-Meuble de la couronne la même année. Elle a ensuite été transférée dans les réserves du Mobilier national en 1894, puis affectée à l’École nationale des Langues orientales en 1925. Un inventaire dans les années 1950 a déclaré sa disparition, et elle est restée introuvable pendant 74 ans, jusqu’à sa redécouverte inattendue dans une boutique solidaire.
Isabelle Billard, responsable du centre Emmaüs de Châtellerault, a mentionné que la table avait été déposée par un particulier, probablement lui aussi inconscient de sa réelle valeur.
Suite à cette révélation, Marchais a alerté le Mobilier national, qui lui a demandé de rendre le meuble. L’établissement possède des transporteurs spécialisés pour ce type de restitution, et l’antiquaire attend un rendez-vous pour organiser la remise. Bien que cela lui cause un pincement au cœur, il se dit satisfait de rendre à l’État une pièce qui lui avait été dérobée.
Une question demeure sans réponse : comment cette table a-t-elle pu disparaître, notamment durant la Seconde Guerre mondiale ? Loïc Turpin, directeur du développement et de la communication du Mobilier national, a indiqué qu’il pouvait y avoir de nombreuses raisons historiques pour expliquer cette perte, allant de la négligence à des actes malveillants, sans qu’il soit possible de déterminer s’il y a eu une perte significative d’objets à cette époque.
Isabelle Billard a exprimé sa déception de n’avoir pas reconnu la valeur de la table tout en soulignant la fierté que sa boutique ait abrité un artefact de telles proportions. Emmaüs a également annoncé son intention de renforcer ses vérifications sur les meubles donnés, notamment ceux provenant de ce même donateur, afin d’éviter que des objets du patrimoine national ne soient sous-évalués.
De son côté, Jean-François Marchais continue ses recherches. Il estime avoir découvert des chaises associées à Marie-Antoinette, bien que leur provenance soit encore à établir.