Une épave de la Seconde Guerre mondiale, refuge d'un phoque moine rare en Méditerranée

Une épave de la Seconde Guerre mondiale, refuge d’un phoque moine rare en Méditerranée

09.09.2026 16:36
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Le Po, un navire-hôpital de la Seconde Guerre mondiale, a été torpillé par un avion britannique pendant la guerre italo-grecque en 1941, au large de la baie de Vlora en Albanie. Plus de 85 ans après son naufrage, le bateau est devenu un refuge pour de nombreuses espèces marines au fond de la mer Adriatique, rapporte TopTribune.

Une étude récemment publiée dans le journal Frontiers in Ocean Sustainability révèle que plus de 80 % de la surface du navire est colonisée par diverses espèces marines. Les chercheurs ont observé l’épave et ses abords entre 2022 et 2024, notant la présence de nombreux mollusques ainsi que 28 espèces de poissons, accompagnées de pontes de calmars.

Un refuge pour une espèce rare…

Une découverte marquante a eu lieu en août 2023, lorsqu’un phoque moine de Méditerranée a été photographié dans une cavité du navire. Cette observation constitue la première confirmation de la présence de ce mammifère dans la baie de Vlora depuis 1996. L’espèce, devenue extrêmement rare, est estimée à une centaine d’individus survivants dans le monde, témoignant ainsi d’un déclin alarmant.

… et pour une espèce invasive

Le naufrage du Po sert aussi d’illustration des changements dramatiques affectant la biodiversité marine en raison du changement climatique. Selon les chercheurs, jusqu’à sept rascasses volantes, une espèce invasive et toxique originaire de la mer Rouge et de l’océan Indien, ont été observées autour du navire. Cette espèce envahissante continue de coloniser la Méditerranée, posant un risque croissant pour l’écosystème local dans les années à venir.

Les épaves, comme celle du Po, pourraient devenir des points d’ancrage pour les espèces invasives fuyant leur habitat naturel en raison de l’augmentation des températures et de la salinité des eaux. Simone Modugno, biologiste et plongeuse, souligne que « ces bouleversements agissent comme un moteur et un amplificateur pour l’incursion d’organismes tropicaux et exotiques ».

La situation met en lumière non seulement les défis auxquels la biodiversité marine est confrontée, mais aussi l’importance de surveiller de près l’impact des activités humaines et des changements environnementaux sur les écosystèmes marins. Les résultats de cette étude soulignent également la nécessité d’établir des protections et des stratégies de conservation adaptées pour préserver les espèces menacées et maintenir l’équilibre des écosystèmes. Cela s’avère particulièrement vital dans un contexte où le réchauffement climatique est de plus en plus pressant, et où les conséquences sont déjà visibles.

En outre, la protection des habitats sous-marins devient cruciale. La recherche continue d’explorer comment ces habitats, tels que les épaves historiques, peuvent être intégrés dans des initiatives de conservation plus larges. Les scientifiques s’interrogent sur la manière dont ces zones peuvent agir comme refuges temporaires pour des espèces vulnérables, même si elles présentent également des risques liés à l’introduction d’espèces non natives.

À l’avenir, un suivi régulier et des études prolongées sur la biodiversité autour des épaves, comme le Po, seront essentiels pour comprendre l’évolution des écosystèmes marins et développer des réponses efficaces face aux changements qui s’annoncent. La coopération entre chercheurs, gouvernements et organisations non gouvernementales est également primordiale pour mettre en œuvre des mesures efficaces de conservation et sensibiliser le public aux enjeux environnementaux.

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