Transparence salariale : un projet de loi en Conseil des ministres pour réduire les écarts de rémunération
La possibilité de connaître le salaire de ses collègues pourrait devenir réalité avec le projet de loi sur la transparence salariale qui arrivera en Conseil des ministres. Son objectif est de réduire les écarts de rémunération à poste équivalent, notamment entre les femmes et les hommes. Cependant, l’application de cette mesure suscite des inquiétudes chez certains, rapporte TopTribune.
Dans une entreprise de logiciels de ressources humaines, la transparence salariale est déjà pratiquée. Les 800 salariés de l’entreprise peuvent consulter les rémunérations de tous, y compris celle de la direction. Théo Dickel, expert produit, affirme : « Ça ne me dérange pas du tout que mon salaire soit public. Je pense qu’il correspond aussi à une grille de salaire qui est partagée à tous en interne. Je suis évalué aussi sur des compétences. »
Selon Camille Bernard, directrice du recrutement chez LUCCA, ce système attire de nouveaux talents. « D’un point de vue employeur, ça permet quand même une belle attractivité, puisque tout est dit, tout est transparent et l’un des sujets principaux, le salaire n’est pas évité ou placé au dernier moment, à la dernière étape du processus. Dès le début, c’est évoqué assez facilement. »
Actuellement, seules 4% des entreprises appliquent la transparence salariale. Toutefois, elle devrait se généraliser, permettant ainsi aux salariés de demander la fourchette de rémunération de leurs collègues dans un poste similaire. Cette initiative divise les opinions. Un salarié déclare : « 100% pour. Aujourd’hui, c’est tabou l’argent dans la société. Il faudrait que ce le soit beaucoup moins. » En revanche, un autre s’inquiète des dérives possibles : « La transparence dans certaines limites, ça peut être une bonne chose, à condition que ça ne devienne pas du voyeurisme et de l’obsession de tout savoir. » Une riveraine exprime également ses doutes : « Je pense que ça a ses limites, parce que le problème, c’est que si on est trop transparent, j’ai peur que ça provoque des sujets de revendications inutiles, de jalousie. »
Cette mesure vise également à réduire les disparités salariales entre les sexes, qui restent significatives dans le secteur privé, atteignant près de 22% d’écart.