Avancée prometteuse dans le traitement du mélanome : une nouvelle association thérapeutique
Chez des patients opérés d’un mélanome, la forme la plus mortelle de cancer de la peau, l’association de l’immunothérapie pembrolizumab (Keytruda, un des anti-PD-1 disponibles en France) avec l’intismeran, un vaccin thérapeutique à ARN expérimental fabriqué sur-mesure à partir des caractéristiques de la tumeur de chaque patient, semble plus efficace que le pembrolizumab utilisé seul, rapporte TopTribune.
Cette efficacité a été démontrée par un essai clinique de phase III dont les premiers résultats peuvent déjà être rendus publics, présentant une avancée significative dans le traitement de ce type de cancer.
Dans l’étude INTerpath-001, qui a impliqué 1 137 patients atteints d’un mélanome de la peau (stade IIb à IV) ayant subi une chirurgie complète de la tumeur, l’association de l’intismeran à l’immunothérapie de référence a prolongé le temps sans récidive de ce cancer. Elle a également réduit le risque de propagation à d’autres organes (métastases).
Comme l’indique la Pr Georgina Long de l’université de Sydney et principale responsable de l’étude, ce traitement combiné pourrait « instituer un nouveau paradigme thérapeutique dans le traitement adjuvant du mélanome, permettant aux patients de rester en rémission plus longtemps ».
Les 1 137 patients ont été répartis au hasard en deux groupes. Deux tiers ont reçu l’association intismeran + pembrolizumab, tandis qu’un tiers a été traité uniquement par pembrolizumab. L’administration du vaccin thérapeutique avait lieu toutes les trois semaines, avec un maximum de neuf injections, tandis que le pembrolizumab était administré pendant environ un an, à raison d’une dose toutes les six semaines.
Accroître les chances de guérison pour un plus grand nombre de patients
Les résultats précis et définitifs (notamment sur la survie globale) seront communiqués lors d’un prochain congrès international, mais cette annonce préliminaire est déjà très prometteuse. Elle s’aligne avec une étude de phase 2b précédente (l’essai KEYNOTE-942/mRNA-4157-P201), où les données de suivi à cinq ans présentées lors du congrès annuel américain de l’ASCO en juin 2026 avaient déjà montré que les patients traités avec cette association de médicaments avaient deux fois moins de risques de voir leur cancer réapparaître ou de mourir par rapport à ceux qui recevaient uniquement le pembrolizumab.
Intervenant plus tôt dans l’évolution de la maladie, alors que de nombreux cancers sont considérés comme les plus traitables, le traitement dit « adjuvant » (administré après la chirurgie) vise à augmenter les chances de guérison pour un plus grand nombre de patients.
L’intismeran, un vaccin « thérapeu tique »
L’intismeran est conçu pour aider le système immunitaire à reconnaître et éliminer les cellules cancéreuses. Chaque patient reçoit un vaccin fabriqué sur-mesure à partir de sa propre tumeur, d’où le terme d’« autogène » ou personnalisé. Après chirurgie, les médecins analysent les cellules cancéreuses pour identifier des anomalies spécifiques créant les « néo-antigènes », des protéines communes sur les cellules tumorales mais absentes des cellules saines.
Le vaccin contient alors de nombreux ARN messagers correspondant à ces néo-antigènes. Une fois injectés, ces ARN délivrent aux cellules immunitaires les instructions nécessaires pour produire ces protéines, permettant ainsi au système immunitaire de mieux cibler les cellules du mélanome. Ce traitement personnalisé vise à renforcer la réponse immunitaire contre la tumeur propre à chaque patient.
Le programme INTerpath comprend neuf essais cliniques de phase II et III pour évaluer l’efficacité de l’intismeran dans différents types de cancers (mélanome, cancer du poumon non à petites cellules, cancer de la vessie et carcinome à cellules rénales) et à différents stades de maladie.