Un vaccin universel prometteur contre les infections respiratoires
Une étude menée par l’université de médecine de Stanford, publiée le 19 février dans la revue Science, révèle des résultats prometteurs concernant un vaccin universel capable de protéger contre le Covid-19, les infections respiratoires bactériennes et l’asthme allergique. Ce vaccin, administré sous forme de spray nasal en deux doses cet automne, pourrait offrir une protection tout au long de l’hiver, rapporte TopTribune.
Une approche innovante à la vaccination
Les chercheurs ont conçu un vaccin universel, se concentrant non pas sur un agent pathogène spécifique, mais sur les signaux de communication des cellules immunitaires lors d’une infection. « Cette idée nous intéressait car elle paraissait un peu extravagante », a déclaré Bali Pulendran, PhD, professeur de microbiologie et d’immunologie et auteur principal de l’étude. « Je pense que personne n’envisageait sérieusement qu’une telle chose soit un jour possible. »
Les scientifiques se sont focalisés sur le système immunitaire inné, qui réagit immédiatement aux infections. Contrairement au système immunitaire adaptatif, qui produit des anticorps ciblés, le système inné utilise des cellules généralistes pour détruire tout élément pathogène. Bien que l’immunité innée ne soit pas durable, des études antérieures suggèrent qu’elle pourrait perdurer dans certaines conditions.
Une réponse immunitaire prolongée
Lors de recherches en 2023, l’université de médecine de Stanford a démontré que le vaccin contre la tuberculose activait tant la réponse immunitaire innée qu’adaptative. Les lymphocytes T recrutés dans les poumons ont été observés en train d’envoyer des signaux pour maintenir l’activité des cellules immunitaires innées. Ces signaux, sous forme de cytokines, activent les récepteurs de détection des pathogènes présents sur les cellules innées, prolongeant ainsi la réponse de l’immunité innée jusqu’à trois mois.
Les chercheurs ont découvert que les souris vaccinées contre la tuberculose restaient protégées du SARS-CoV-2 et d’autres coronavirus. Bali Pulendran a suggéré qu’il serait possible de créer un vaccin synthétique, possiblement sous forme de spray nasal, qui stimulerait les récepteurs de type Toll et recruterait les lymphocytes T dans les poumons.
Des résultats prometteurs chez les souris
Pour cette étude, les souris ont reçu une à trois doses du vaccin à intervalles d’une semaine, suivies d’une exposition à des virus respiratoires. Celles ayant reçu trois doses étaient protégées contre le SARS-CoV-2 pendant au moins trois mois, tandis que les témoins non-vaccinés ont connu des pertes de poids significatives et de nombreux décès. Aucune perte de vie n’a été constatée parmi les souris vaccinées, qui avaient des poumons débarrassés du virus.
Cette prolongation de la réponse immunitaire innée a permis de réduire de près de 700 fois la charge virale dans les poumons. Les chercheurs ont ensuite testé l’efficacité du vaccin face à des infections bactériennes comme Staphylococcus aureus et Acinetobacter baumannii, ainsi qu’à des allergènes, montrant des résultats positifs à chaque fois.
Vers des essais cliniques
Le spray nasal devra maintenant passer par les étapes des essais cliniques. Bali Pulendran a exprimé son enthousiasme : « Imaginez recevoir un spray nasal à l’automne qui vous protège de tous les virus respiratoires, y compris la COVID-19, la grippe, le virus respiratoire syncytial et le rhume, ainsi que la pneumonie bactérienne et les allergies printanières. Cela révolutionnerait la pratique médicale. »