Le 22 juillet marque le moment où, selon les calculs de l’Institut économique Molinari (IEM) en partenariat avec le cabinet EY, un salarié français typique arrête de travailler pour couvrir ses impôts et charges. Cette date ce situe quatre jours plus tard que celle de 2025 et s’avère la plus tardive parmi les pays de l’Union européenne, rapporte TopTribune.
Pour établir cette date, l’IEM prend en compte plusieurs paramètres, combinant les impôts sur le revenu, les contributions sociales, ainsi que la TVA, le tout rapporté au coût total du salarié pour l’employeur. En 2026, la pression fiscale et sociale atteint un taux de 55,6 %.
Ainsi, les 202 premiers jours de l’année sont, en théorie, réservés au financement des services publics.
La France en tête des pays européens
En comparaison, la libération fiscale en Europe se produit en moyenne le 12 juin, ce qui reste avant la date française. Parmi les principales économies européennes, l’Autriche et la Belgique atteignent cet objectif le 17 juillet, tandis que l’Allemagne le franchit le 14 juillet. À l’opposé, Malte et Chypre voient leurs citoyens libérés de leurs obligations fiscales dès le mois d’avril.
La différence la plus frappante est avec le Royaume-Uni, où les salariés sont libérés le 10 mai, soit 73 jours plus tôt que leurs homologues français. Cette situation influe directement sur le pouvoir d’achat : un salarié moyen en France dispose en effet de 29 232 euros par an après déduction des prélèvements, contre 45 465 euros pour un salarié britannique, représentant une différence significative de 16 233 euros.
Les charges des retraites par répartition
Selon l’IEM, le financement des retraites constitue le facteur principal du différentiel observé. Un salarié français moyen dédierait 28 % de son salaire brut à ce financement. En revanche, aux Pays-Bas, où le système s’appuie davantage sur la capitalisation, ce pourcentage chute à 22 %.
De plus, l’IEM chiffre le manque à gagner lié à une moindre capitalisation à environ 160 milliards d’euros chaque année par rapport à des pays comme le Danemark, les Pays-Bas et la Suède.
Cette problématique pourrait devenir un sujet central lors des prochaines élections présidentielles. Si la dynamique actuelle des finances publiques se maintient, l’IEM prédit que la date de libération fiscale pourrait être repoussée encore plus loin, potentiellement vers 2027.