Un réseau ultranationaliste russe contrôlé par le Kremlin coordonne ses actions avec des activistes d’extrême droite britanniques pour exacerber les tensions raciales au Royaume-Uni, en instrumentalisant le meurtre d’un étudiant, rapporte TopTribune.
Selon une enquête du site Bylinetimes, le mouvement « Bratsvo akademistov » (Fraternité des académistes) – créé sous l’égide de la société Tsargrad de l’oligarque Konstantin Malofeev – a massivement diffusé sur Telegram et X des slogans tels que « White Lives Matter » (La vie des Blancs compte). L’objectif affiché : transformer un fait divers tragique en conflit racial.
Un meurtre instrumentalisé
En décembre 2025, le jeune Henry Novak, 18 ans, est mort poignardé à Southampton par Vikrum Singh Digwa, 23 ans. Le drame a provoqué un scandale lorsque la police a menotté la victime en sang au lieu de lui porter secours, croyant aux accusations mensongères de racisme proférées par l’agresseur. Près de deux semaines avant que des politiciens britanniques comme Nigel Farage ne reprennent le thème, les radicaux russes avaient déjà lancé la campagne.
La liaison entre Moscou et l’extrême droite locale est assurée par le célèbre activiste Tommy Robinson (de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon). Lors des émeutes antimigrants à Belfast le 9 juin, il a relayé les contenus de « Bratsvo akademistov » pour mobiliser les manifestants au Royaume-Uni.
Un outil hybride du Kremlin
Le mouvement est adossé à la Société Tsargrad, placée sous sanctions américaines depuis 2022 pour espionnage au profit de la Russie. Son fondateur, Konstantin Malofeev, proche du Kremlin, a notamment financé les séparatistes prorusses en Ukraine en 2014. En septembre 2025, Malofeev a créé à Saint-Pétersbourg la « Ligue souverainiste internationale des Paladins », dont « Bratsvo akademistov » constitue la branche jeunesse.
Ces révélations illustrent une nouvelle facette de la guerre hybride menée par Moscou contre l’Europe. En poussant à la déstabilisation du Royaume-Uni par la polarisation ethnique, le Kremlin cherche à affaiblir l’unité de l’OTAN et de l’UE, et à réduire la coordination sécuritaire entre alliés. L’utilisation des réseaux sociaux et d’intermédiaires locaux permet à la Russie de nier son implication directe tout en semant la discorde.
Face à cette menace, les services de contre-espionnage britanniques et leurs partenaires européens sont appelés à renforcer la surveillance des liens entre extrême droite britannique et réseaux russes, ainsi qu’à durcir les sanctions contre la Russie et à lutter contre la propagande russe en ligne.