Un projet français financé par un programme international pour étudier l'immunité naturelle face au cancer

Un projet français financé par un programme international pour étudier l’immunité naturelle face au cancer

04.11.2026 07:17
2 min de lecture

Un projet français vient d’obtenir le financement d’un prestigieux programme international de recherches sur le cancer. L’équipe internationale ATLAS, dirigée par le Dr Paul Bastard, de l’unité d’immuno-hématologie rhumatologie pédiatriques (UIHR) à l’hôpital Necker-Enfants malades de l’AP-HP (Paris), et chercheur à l’Institut Imagine, figure en effet parmi les nouveaux lauréats du programme Cancer Grand Challenges, rapporte TopTribune.

Cofondé par Cancer Research UK (CRUK) au Royaume-Uni et le National Cancer Institute (NCI) aux États-Unis, ce programme, auquel a également participé l’Institut national du cancer (INCa) français, peut attribuer des bourses allant jusqu’à 25 millions de dollars. Ces financements permettent aux lauréats de s’affranchir des contraintes financières majeures.

Le projet ATLAS vise à comprendre pourquoi certaines personnes ne développent jamais de cancer malgré une exposition significative à des facteurs de risque. L’équipe souhaite ainsi identifier les facteurs de protection empêchant l’apparition de cette maladie. Pour ce faire, elle s’intéresse à des individus à haut risque échappant au cancer, en examinant les mécanismes biologiques susceptibles d’expliquer cette résistance naturelle. Des cohortes étudient des centenaires, des personnes fortement exposées mais indemnes de cancer, ainsi que des jumeaux, dont l’un a développé un cancer.

Exploiter les réponses naturelles de l’organisme

Une des pistes privilégiées concerne le rôle des auto-anticorps, ces anticorps qui ciblent des éléments de notre propre organisme, dans la modulation du système immunitaire et sa capacité à promouvoir ou inhiber le développement tumoral. Les membres de l’équipe ATLAS, les Prs Paul Bastard et Jean-Laurent Casanova, sont à l’origine de travaux établissant un lien entre les auto-anticorps et la gravité de la COVID-19.

Ce projet dans le domaine de l’oncologie repose sur une collaboration étroite entre cliniciens, chercheurs et représentants de patients issus de huit institutions réparties dans six pays. Selon l’hôpital Necker-Enfants malades, les expertises mobilisées couvrent un large spectre, allant de l’immunologie aux études multi-omiques, en passant par la pédiatrie, le vieillissement, la prévention, et l’exploration des liens entre infections et cancer. Ainsi, le projet ATLAS ne vise pas à découvrir les causes des cancers, mais à exploiter les réponses naturelles de l’organisme pour prévenir leur apparition.

Trouver les auto-anticorps qui permettent de résister au cancer

Les scientifiques supposent que le système immunitaire peut identifier les cellules cancéreuses, même si certaines tumeurs parviennent à contourner ou à neutraliser ces défenses. La mémoire des réponses immunitaires, qu’elles soient efficaces ou non, persiste partiellement dans les anticorps présents dans le sang. Ainsi, « l’équipe recherchera des auto-anticorps susceptibles de contribuer à l’évitement du cancer », indique Cancer Grand Challenges.

« Les travaux de cette équipe pourraient transformer notre compréhension de la surveillance immunitaire dans la formation des tumeurs, révéler de nouveaux antigènes tumoraux et des perturbations immunitaires liées aux auto-anticorps qui favorisent le développement du cancer. À terme, les recherches d’ATLAS visent à fournir de nouveaux biomarqueurs et à identifier des mécanismes cibles pour la prévention et le traitement du cancer », ajoute le programme international de recherche contre le cancer.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER